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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Essai sur l’évolution littéraire de l’Italie de 1870 à nos jours. (1928)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Benjamin Crémieux (1888-1944), Essai sur l’évolution littéraire de l’Italie de 1870 à nos jours. Thèse pour le doctorat ès-lettres, présenté devant la Faculté des Lettres de l’Université de Grenoble. Paris: Les Éditions KRA, 1928, 338 pp. Une édition numérique réalisée par Daniel Boulagnon, bénévole, professeur de philosophie au lycée Alfred Kastler de Denain (France).

[7]

Essai sur l’évolution littéraire de l’Italie
de 1870 à nos jours.

Avant-propos

L’objet de cet essai est de suivre l’évolution littéraire de l’Italie depuis 1870 jusqu’à nos jours, d’en déterminer les courants principaux et d’y situer à leur juste place les grandes figures qui l’ont dominée et orientée. D’assez nombreuses monographies existent déjà, mais aucun travail d’ensemble n’avait encore été entrepris, en Italie, ni hors d’Italie, sur cette période particulièrement intéressante. C’est dire que le présent ouvrage vise moins à être complet et définitif que clair, authentique et judicieusement ordonné. Favorisé par l’éloignement dans l’espace à défaut de recul dans le temps, un étranger était peut-être mieux placé qu’un Italien pour tenter cette synthèse provisoire.

Libre de toute passion polémique, soucieux d’expliquer et de définir beaucoup plus que de juger, et toutefois contraint parfois de redresser les jugements critiques en cours, soucieux aussi de ne jamais [8] isoler la littérature de la vie politique et sociale, — et de la vie tout court — de l’Italie depuis un demi-siècle, de la rattacher au milieu idéologique et moral où elle prenait naissance, cet essai s’attache à mettre en lumière et à étudier les œuvres, les problèmes, les crises, les mouvements significatifs, c’est-à-dire d’une part toutes les manifestations littéraires d’une valeur esthétique certaine, d’un intérêt, d’une portée ou d’un exemple universels et d’autre part toutes celles qui au contraire offrent une signification exclusivement, typiquement italienne.

La révision générale des valeurs qui suit les bouleversements de la guerre des nations conseille de dresser au plus tôt dans tous les domaines — fût-ce avant que tous les matériaux aient pu être réunis et vérifiés — un inventaire global de ce qui existait avant 1914 et de ce qui, depuis 1914, a affirmé ou tenté d’affirmer son existence. Il n’est pas de grand pays européen qui, depuis un demi-siècle, ait été plus directement et plus fortement exprimé par sa littérature que l’Italie. L’ouvrage que voici est à la fois un relevé de la contribution italienne à l’Histoire générale de la littérature européenne depuis 1870 et un miroir promené le long de cinquante ans de sensibilité, d’aspirations, de déceptions, de rêves et d’espoirs italiens.

Je ne me dissimule pas ce que le mode de présentation de cet essai, l’incessante navette entre le général et le particulier, la variété même des méthodes employées [9] pour atteindre le vrai — ou le vraisemblable — peuvent avoir d’inusité dans un travail de ce genre. Les interprétations historiques et critiques qu’on y rencontre, même quand elles s’accordent avec les opinions communément admises, sont le fruit de vingt ans d’études et de réflexions personnelles, de contact direct avec les œuvres et les hommes. Je dois de vifs remerciements aux maîtres respectés de l’Université de Grenoble — et tout particulièrement à M. Paul Morillot, doyen de la Faculté des Lettres, à MM. Pierre Ronzy et Albert Valentin, professeurs de langue et littérature italiennes à cette Faculté — dont le généreux libéralisme m’a permis de mener à bien cet ouvrage dans la forme même où je l’avais conçu.

[10]


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 18 novembre 2019 18:20
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 



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