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Collection « Les auteur(e)s classiques »
Socialisme utopique et socialisme scientifique (1880):
Introduction
Une édition électronique réalisée à partir du livre de Friedrich Engels (1880), Socialisme utopique et socialisme scientifique. Traduction française, 1950. INTRODUCTION
a. L'Angleterre, berceau du matérialisme
b. L'agnosticisme anglais, matérialisme honteux
c. Croissance sociale de la bourgeoisie
d. Émancipation de la bourgeoisie
La réforme protestante La révolution anglaise, naissance du matérialisme Matérialisme du XVIIIe siècle et Révolution française
e.
f. Apparition du prolétariat anglais
g. Servilité de la bourgeoisie anglaise
h. Il faut une religion pour le peuple
i. Malgré tout, le prolétariat anglais s'affranchira
e) LA BOURGEOISIE ANGLAISE CONTRE LE MATÉRIALISME ET LA RÉVOLUTION
Mais revenons à notre bourgeois anglais. La Révolution française lui procura une splendide occasion de détruire avec le concours des monarchies continentales le commerce maritime français, d'annexer des colonies françaises et d'écraser les dernières prétentions de la France à la rivalité sur mer. C'est une des raisons pour laquelle il combattit la Révolution. L'autre était que les méthodes de cette Révolution lui étaient profondément déplaisantes. Non seulement son « exécrable » terrorisme, mais même sa tentative de pousser jusqu'au bout la domination bourgeoise. Que deviendrait la bourgeoisie anglaise sans son aristocratie, qui lui enseignait les belles manières (pour vilaines qu'elles fussent), qui inventait pour elle ses modes, qui fournissait des officiers à l'armée, pour le maintien de l'ordre à l'intérieur, et à la flotte, pour la conquête de nouvelles colonies et de nouveaux marchés ? Il est vrai qu'il y avait une minorité progressive de la bourgeoisie, dont les intérêts n'étaient pas aussi bien servis par ce compromis ; cette fraction, recrutée principalement dans la classe moyenne la moins riche, sympathisa avec la Révolution, mais elle était impuissante dans le Parlement.
Ainsi, tandis que le matérialisme devenait le credo de la Révolution française, le bourgeois anglais, vivant dans la crainte du Seigneur, se cramponna d'autant plus à sa religion. Le règne de la Terreur à Paris n'avait-il pas montré à quoi on arriverait si la masse perdait ses sentiments religieux? Plus le matérialisme se propageait de la France aux pays voisins, renforcé par des courants théoriques similaires, en particulier par la philosophie allemande, plus le matérialisme et la libre-pensée devenaient, sur le continent, les qualités requises de tout esprit cultivé, plus la classe moyen-ne d'Angleterre se cramponnait à ses multiples confessions religieuses. Ces confessions différaient entre elles, mais toutes étaient résolument religieuses et chrétiennes.
Tandis que la Révolution assurait en France le triomphe politique de la bourgeoisie, en Angleterre Watt, Arkwright, Cartwright et d'autres amorçaient une révolution industrielle qui déplaça totalement le centre de gravité de la puissance économique. La richesse de la bourgeoisie grandit à une vitesse infiniment plus rapide que celle de l'aristocratie foncière. Dans la bourgeoisie elle-même, l'aristocratie financière, les banquiers, etc., étaient relégués au second plan par les manufacturiers. Le compromis de 1689, même après les changements graduels qu'il avait subis à l'avantage de la bourgeoisie, ne correspondait plus aux positions relatives des parties contractantes. Le caractère de ces parties s'était également modifié ; la bourgeoisie de 1830 différait grandement de celle du siècle précédent. Le pouvoir politique, demeuré entre les mains de l'aristocratie, qui l'employait pour résister aux prétentions de la nouvelle bourgeoisie industrielle, devint incompatible avec les nouveaux intérêts économiques. Une lutte nouvelle avec l'aristocratie s'imposait, qui ne pouvait se terminer que par la victoire de la nouvelle puissance économique. D'abord, sous l'impulsion imprimée par la Révolution française de 1830, le Reform Act passa en dépit de toutes les oppositions. Il donna à la bourgeoisie une position puissante et reconnue dans le Parlement. Puis l'abrogation des lois sur les céréales assura à jamais la suprématie de la bourgeoisie sur l'aristocratie foncière, principalement de sa fraction la plus active, les fabricants. C'était la plus grande victoire de la bourgeoisie ; ce fut la dernière qu'elle remporta pour son profit exclusif. Tous ses autres triomphes, par la suite, elle dut en partager les bénéfices avec une nouvelle puissance sociale, d'abord son alliée, mais bientôt sa rivale.
Dernière mise à jour de cette page le dimanche 14 mai 200620:19
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
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