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Collection « Les auteur(e)s classiques »
Une édition électronique réalisée à partir du livre Georges Sorel (1908), Réflexions sur la violence. Paris: Marcel Rivière et Cie, 1972, 394 pp. Texte de la première édition, 1908. Collection Études sur le devenir social. Édition réalisée grâce à la précieuse coopération de Serge D'Agostino, professeur de sciences économiques. Notes de l'Introduction (note 1) A. CHUQUET, Jean-Jacques Rousseau, p. 179. (Retour à l'appel de note 1) (Note 2) Je rappellerai ici cette sentence de Renan : « La lecture, pour être salutaire, doit être un exercice impliquant quelque travail ». (Feuilles détachées, p. 231). (Retour à l'appel de note 2) (Note 3) Il me semble intéressant de signaler ici quelques réflexions empruntées à un admirable livre de Newman : « Bien qu'il soit impossible de se passer du langage, il ne faut l'employer que dans la mesure où il est indispensable, et la seule chose importante est de stimuler chez ceux auxquels on s'adresse, un mode de pensée, d'idées, semblables aux nôtres, qui les entraînera par leur propre mouvement, plutôt que par une contrainte syllogistique; d'où il résulte que toute école intellectuelle aura quelque chose du caractère ésotérique, car c'est une réunion de cerveaux pensants; le lien qui les rassemble, c'est l'unité de pensée; les mots dont ils se servent deviennent une sorte de Tessera qui n'exprime pas la pensée, mais la symbolise.» (Grammaire de l'assentiment, trad. franç., p. 250). En fait, les écoles n'ont guère ressemblé à l'idéal que se formait Newman. (Note 4) « La tristesse, qui est répandue comme un pressentiment sur tous les chefs-d'uvre de l'art grec, en dépit de la vie dont ils semblent déborder [témoigne] que les individus de génie, même dans cette période, étaient en état de pénétrer les illusions de la vie auxquelles le génie de leur temps s'abandonnait sans éprouver le besoin de les contrôler. » (HARTMANN, Philosophie de l'Inconscient, trad. franç., tome II, p. 436.) J'appelle l'attention sur cette conception qui voit dans le génie des grands Hellènes une anticipation historique ; il y a peu de doctrines plus importantes pour l'intelligence de l'histoire que celle des anticipations, dont Newman a fait usage dans ses recherches sur l'histoire des dogmes. (Note 5) HARTMANN, loc. cit., p. 462. (Note 6) Les plaintes que firent entendre les prétendus désespérés au début du XIXe siècle, durent en partie leur succès aux analogies de forme qu'elles présentent avec la véritable littérature pessimiste. (Note 7) TAINE, Le Régime moderne, tome II, pp. 121-122. (Note 8) Les poètes comiques athéniens ont dépeint, plusieurs fois, un pays de cocagne où l'on n'a plus besoin de travailler. (A. et M. CROISET, Histoire de la littérature grecque, tome III, pp. 472-474.) (Note 9) HARTMANN, loc. cit., p. 492. - « Le mépris du monde, associé à une vie transcendante de l'esprit, était professé dans l'Inde par l'enseignement ésotérique du bouddhisme. Mais cet enseignement n'était accessible qu'à un cercle restreint d'initiés, engagés dans le célibat. Le monde extérieur n'en avait pris que la lettre qui tue, et son influence ne se manifestait que sous les formes extravagantes de la vie des solitaires et des pénitents. » (p. 439) (Note 10) BATIFFOL, Études d'histoire et de théologie positive, 2e série, p. 162. (Note 11) HARTMANN, La religion de l'avenir trad. franç., p. 27 et p. 21. (Note 12) « À cette époque commença le conflit entre l'amour païen de la vie et le mépris, la fuite du monde, qui caractérisaient le christianisme. » (HARTMANN, Op. cit., p. 126.) Cette conception païenne se trouve dans le protestantisme libéral, et c'est pourquoi Hartmann le considère, avec raison, comme irréligieux ; mais les hommes du XVIe siècle voyaient les choses sous un autre aspect. (Note 13) Si le socialisme périt, ce sera évidemment de la même manière, pour avoir eu peur de sa barbarie. (Note 14) Il me semble que les éditeurs de 1670 durent être effrayés du calvinisme de Pascal; je suis étonné que Sainte-Beuve se soit borné à dire qu'il « y avait dans le christianisme de Pascal quelque chose qui les dépassait... que Pascal avait encore plus besoin qu'eux d'être chrétien ». (Port-Royal, tome III, p. 383.) (Note 15) Cf. ce que je dis sur la force au chapitre V. (Note 16) Je ne puis arriver à trouver l'idée de l'arbitrage international dans le fragment 296 de Pascal, où quelques personnes le découvrent ; Pascal y signale simplement ce qu'a de ridicule la prétention qu'émettait de son temps chaque belligérant, dans son manifeste, de condamner au nom du droit, la conduite de son adversaire. (Note 17) Le Petit Parisien que l'on a toujours plaisir à citer comme le moniteur de la niaiserie démocratique, nous apprend qu'aujourd'hui « cette définition dédaigneuse de l'élégant et immoral M. de Morny : Les républicains sont des gens qui s'habillent mal, semble tout à fait dénuée de fondement. » J'emprunte cette philosophique observation à l'enthousiaste compte rendu du mariage du charmant ministre Clémentel (22 octobre 1905). - Ce journal bien informé m'a accusé de donner aux ouvriers des conseils d'apache (7 avril 1907). (Note 18) « La violence disait-il au Sénat, le 16 novembre 1906, je l'ai vue, moi, face à face. J'ai été pendant des jours et des jours au milieu de milliers d'hommes qui portaient sur leurs visages les traces d'une exaltation effrayante. Je suis resté au milieu d'eux poitrine contre poitrine et les yeux dans les yeux. » Il se vantait d'avoir fini par triompher des grévistes du Creusot. (Note 19) Dans le même discours, Viviani a fort insisté sur son socialisme et déclaré qu'il entendait « demeurer fidèle à l'idéal de ses premières années civiques ». D'après une brochure publiée en 1897 par les allemanistes sous le titre : La vérité sur l'union socialiste, cet idéal aurait été l'opportunisme ; en passant d'Alger à Paris, Viviani se serait transformé en socialiste et la brochure qualifie de mensonge son attitude nouvelle. Évidemment, cet écrit a été rédigé par des énergumènes qui ne comprennent rien aux élégances. (Note 20) Dans l'Introduction à l'économie moderne j'ai donné au mot mythe un sens plus général, qui dépend étroitement du sens strict employé ici. (Note 21) P. BUREAU, La crise morale des temps nouveaux, p. 213. L'auteur, professeur à l'Institut catholique de Paris, ajoute : « La recommandation ne peut exciter aujourd'hui que l'hilarité. On est bien obligé de croire que l'étrange formule de l'auteur était acceptée alors par un grand nombre de ses coreligionnaires, quand on se rappelle l'étourdissant succès des écrits de Léo Taxil, après sa prétendue conversion. » (Note 22) Ces rêves me semblent avoir eu principalement pour objet de calmer les inquiétudes que Renan avait conservées au sujet de l'au delà. (Cf. un article de Mgr d'Hulst dans le Correspondant du 25 octobre 1892, pp. 210, 224-225). (Note 23) RENAN, Histoire du peuple d'Israël, tome IV, p. 191. (Note 24) Id., loc. cit., p. 267. (Note 25) Id., loc. cit., pp. 199-200. (Note 26) RENAN, op. cit., tome Ill, pp. 458-459. (Note 27) Id., op. cit., tome IV, p. 267. (Note 28) Id., op. cit., tome V, pp. 105-106. (Note 29) RENAN, Nouvelles études d'histoire religieuse, p. VII. Antérieurement il avait dit, à propos des persécutions : « On meurt pour des opinions et non pour des certitudes, pour ce qu'on croit et non pour ce qu'on sait... Dès qu'il s'agit de croyances, le grand signe et la plus efficace démonstration est de mourir pour elles. » (L'Église chrétienne, p. 317). Cette thèse suppose que le martyre soit une sorte d'ordalie, ce qui a été vrai, en partie, pour l'époque romaine, en raison de circonstances spéciales. (G. SOREL, Le système historique (le Renan, p. 335). (Note 30) RENAN, Histoire du peuple d'Israël, tome III, p. 497. (Note 31) La constitution de Virginie est de juin 1776. Les constitutions américaines furent connues en Europe par deux traductions françaises, en 1778 et en 1789. Kant a publié les Fondements de la métaphysique des murs en 1785 et la Critique de la raison pratique en 1788. - On pourrait dire que le système utilitaire des anciens offre des analogies avec l'économie, celui des théologiens avec le droit et celui de Kant avec la théorie politique de la démocratie naissante. (Cf. JELLINEK, La déclaration des droits de l'homme et du citoyen, trad. franç., pp. 18-25 ; pp. 49-50, p. 89.) (Note 32) BERGSON, Données immédiates de la conscience, pages 175-176. - Dans cette philosophie on distingue la durée qui s'écoule, dans laquelle se manifeste notre personne, et le temps mathématique suivant la mesure duquel la science aligne les faits accomplis. (Note 33) BERGSON, Op. cit., p. 181. (Note 34) Ed. LE Roy, Dogme et Critique, p. 239. (Note 35) On aperçoit facilement le pont par lequel s'introduit le sophisme : l'univers vécu par nous peut être le monde réel dans lequel nous vivons, ou le monde inventé pour l'action, (Note 36) RENAN, Op. cit., tome IV, p. 329. (Note 37) « L'assentiment, dit Newman, si puissant qu'il soit, associé aux images les plus vives, n'est pas, par cela même, efficace. Strictement parlant, ce n'est pas l'imagination qui crée l'action; c'est l'espérance ou la crainte, l'amour ou la haine, les désirs, les passions, les impulsions et l'égoïsme, du moi. L'imagination n'a d'autre rôle que de mettre en mouvement ces forces motrices, et elle y réussit en nous présentant des objets assez puissants pour les stimuler. » (Op. cit., p. 69). On voit que l'illustre penseur se tient très près de la théorie des mythes. On ne saurait lire Newman sans être d'ailleurs frappé des analogies que présente sa pensée avec celle de Bergson ; les personnes qui aiment à rattacher l'histoire des idées aux traditions ethniques, ne manqueront pas d'observer que Newman descendait d'Israélites. (Note 38) C'est évidemment dans cet ordre d'idées que se placèrent les philosophes grecs qui voulaient pouvoir raisonner sur la morale sans être obligés d'accepter les usages que la force historique avait introduits à Athènes, (Note 39) RENAN, Op. cit., tome III, p. 497. (Note 40) Il est extrêmement important d'observer les analogies qui existent entre l'état d'esprit révolutionnaire et celui qui correspond à la morale des producteurs ; j'ai indiqué des ressemblances remarquables à la fin de mes études, mais il y aura encore beaucoup d'analogies à relever. (Note 41) Je crois bien que Léon de Seilhac a été le premier à rendre justice aux hautes qualités de Fernand Pelloutier (Les congrès ouvriers en France, p. 272).
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