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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Domination, dépendances, globalisation. Tracés d’anthropologie politique. (2002)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Bernard Hours, Domination, dépendances, globalisation. Tracés d’anthropologie politique. Paris: Les Éditions L’Harmattan, 2002, 178 pp. Collection “Anthropologie critique.” [L’auteur nous a accordé, le 1er avril 2022, l’autorisation de diffuser en libre accès à tous ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

[19]

Domination, dépendances, globalisation.
Tracés d’anthropologie politique.

Avant-propos

La post-modernité se traduit en ethnologie par une posture particulière suivant laquelle les ethnologues seraient les témoins privilégiés évoquant des milieux, des univers supposés clos, des circonstances jugées exceptionnelles, tels les camps de réfugiés, les maisons de retraite, la grande bourgeoisie, la commission européenne, des sectes, des guerres ou la Silicon Valley. Les récits de ces micro-évènements, microcultures ou microchamps peuvent paraître anecdotiques et marquer le repli d’une discipline dont la quête d’altérité était autrefois plus ambitieuse.

La rhétorique anthropologique s’est emparée d’une foule d’objets plus ou moins pertinents, symptomatiques des multiples facettes du monde actuel, en trompe-l’œil. Ces objets se présentent comme des segments ou des poches de la société et les usages qu’on y observe, s’ils produisent bien du sens, mettent en scène une altérité appauvrie et stéréotypée qui traduit l’effacement de l’altérité dans les sociétés occidentales ou une altérité réduite à son caractère spectaculaire : celle dont se nourrit le discours médiatique. L’anecdote remplit le vide du sens lorsque l’analyse des rapports sociaux est abandonnée au profit d’un monde de micro-entités proto-identitaires, devenues exotiques à force d’opacité sociale : les célèbres tribus.

L’ouvrage qui suit est, à cet égard, anachronique, puisqu’il aborde des sociétés sous l’angle de la domination et de la dépendance politique. Il s’interroge en outre sur la nature de cette domination et de cette dépendance ce qui constitue un questionnement anthropologique osé autant que daté aujourd’hui, qu’on peut aisément juger radical puisque les rapports sociaux entre acteurs sont au cœur de l’ouvrage, alors qu’ils tendent à être évacués des sociétés en voie de globalisation ou naturalisés.

Le marché des sciences sociales actuelles préfère en effet les expertises spécifiques dont les résultats seraient [20] appliqués à la gestion du social ou une anthropologie métaphorique penchée sur la production d’une image "soft" de groupes sociaux dont le lien à la société n’est plus en question, mais dont l’évocation produit une connaissance à la mesure de la curiosité occidentale au troisième millénaire. La seule concession à l’esthétique post-moderne que je me suis autorisé est celle d’une brève présentation autobiographique. Elle porte néanmoins plus sur "l’acteur chercheur" que sur un "personnage anthropologue" face à des sociétés dont l’étrangeté apparente ne constitue pas un danger sérieux, sauf à se donner en spectacle ou à se tromper d’objet de recherche et à perdre ainsi la fameuse distance, qui demeure l’une des conditions essentielles de la pratique ethnologique.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 4 avril 2022 6:48
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 



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