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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Emery LeBlanc, LES ACADIENS. (1963)
Préface


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Emery LeBlanc, LES ACADIENS. Montréal, Québec: Les Éditions de l’Homme, 1963, 127 pp.

[7]

Les Acadiens

Préface

Les Acadiens, quoique peu connus en dehors des frontières des provinces Atlantiques, jouissent d’un préjugé favorable pour ce que l’on connaît de leur histoire. On sait généralement qu’ils ont été victimes d’une tragédie sans pareil et que cet épisode s’appelle encore “le grand dérangement”.

On ignore cependant que Les Acadiens ont survécu et forment de nos jours une entité à part, un groupe ethnique imposant, particulièrement dans les provinces Atlantiques et surtout au Nouveau-Brunswick.

Ils possèdent des structures, une vie nationale, des aspirations. Décimés, ils se sont regroupés et tentent non plus de survivre mais de progresser.

Aussi le livre d’Emery LeBlanc arrive-t-il à son heure. Son but : faire connaître au Québec le fait français de l’Acadie.

Le livre de monsieur LeBlanc n’a pas d’autres buts. Il est, comme son auteur, sans prétention. Pourtant depuis de nombreuses années, Emery LeBlanc est l’un des porte-paroles les plus autorisés des Acadiens.

Or, au moment où le Québec tâte ses muscles et procède à l’inventaire de ses ressources humaines et naturelles, on ne saurait trop louer l’heureuse initiative du rédacteur en chef de l’ÉVANGÉLINE.

Les minorités françaises ont toujours été l’une des grandes préoccupations du Québec. Par delà les frontières les minorités ont toujours ressenti le besoin d’être connues, de savoir que leur présence [8] était agréée non pas uniquement au titre d'une survivance qui a cessé d'être miraculeuse ; elles ne désiraient plus être considérées comme des anachronismes historiques puisqu'elles possèdent une existence qui leur est propre.

C'est le cas des Acadiens du Nouveau-Brunswick. Aussi, j'ai accepté avec joie de préfacer cet ouvrage. Québec a besoin plus que jamais de savoir qu'il existe hors de ses frontières une importante minorité française. Pendant trop longtemps on s'est contenté d'hommages et de belles phrases (!) c'était à l'époque tout ce qui pouvait être fait.

Aujourd'hui ce n'est plus la même chose ! Avec les moyens modernes de communication il n'y a aucune raison pour que nous ne nous connaissions mieux. Le patriotisme n'est pas l'apanage exclusif d'associations spécialisées. Il correspond à des réalités précises.

Le livre d'Emery LeBlanc comblera une lacune et j'espère, comme lui, que le citoyen du Québec n'oubliera pas dans l'effervescence extraordinaire de sa Renaissance qu'il y a, à deux pas de chez lui, des Acadiens un tant soit peu différents de lui, qui eux aussi participent à une Renaissance nationale.

Les liens qui unissent le Canada français à l'Acadie ne doivent pas être uniquement des liens sentimentaux. Il faut se rapprocher sur des plans pratiques et je suis convaincu que le livre d'Emery LeBlanc est un pas dans cette nouvelle direction que prennent nos rapports. La conclusion du livre l'indique clairement.

Pour une fois, l'Acadie vient au Québec et ce n'est pas pour quémander. Il y a là un signe des temps.

[9]

Emery LeBlanc aime son pays comme peu de gens en sont capables. Sans bruit, avec modestie, il s'est efforcé de le faire connaître un peu partout.

Son livre s'ajoute désormais à une liste impressionnante d'ouvrages sur l'Acadie. Ce n'est pas l'œil clinique de l'historien ni le vers lyrique du poète qui analyse ici l'histoire des Acadiens. Plus simplement, c'est le journaliste qui continue son métier. Communiquer, voilà l'essence même du journalisme, et Emery LeBlanc en offrant au Québec “Les Acadiens” est fidèle à son métier.

S'il était besoin d'une présentation plus poussée, je me contenterais de vous rappeler ces vers de Longfellow :

“Vous qui croyez en l’affection de l'espoir
durable et patient

Écoutez cette triste épopée que chantent
encore les pins de la forêt ;

Ecoutez une histoire d'amour de l'Acadie,
patrie du bonheur”".

LOUIS-J. ROBICHAUD
Premier ministre du Nouveau-Brunswick

Frédéricton
Novembre 1963.

[10]



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 17 septembre 2026 10:47
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 



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