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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Didier Demazière, Claude Lessard et Joëlle Morrissette, INTRODUCTION. “Les effets de la Nouvelle Gestion Publique sur le travail des professionnels: transpositions, variations, ambivalences.” In revue Éducation et sociétés, 2013/2 (n° 32), pages 5-20. Éditeur: De Boeck Supérieur. [Claude Lessard nous a accordé, le 27 avril 2022, l’autorisation de diffuser en libre accès à tous ce texte dans Les Classiques des sciences sociales.]

[5]

Didier Demazière, Claude Lessard
et Joëlle Morrissette

INTRODUCTION

“Les effets de la Nouvelle Gestion Publique
sur le travail des professionnels :
transpositions, variations, ambivalences.”

In revue Éducation et sociétés, 2013/2 (n° 32), pages 5-20. Éditeur : De Boeck Supérieur.

Les professionnels dans l’administration [7]
Les transpositions de la NGP [10]
Les variations de la NGP [11]
Les ambivalences de le NGP [14]
Conclusion [17]
Références bibliographiques [18]

Didier Demazière
Centre de Sociologie des Organisations
CNRS, Sciences Po
19 rue Amélie, 75007 Paris
didier.demaziere@sciencespo.fr
Claude Lessard
Conseil supérieur de l’Éducation,
Gouvernement du Québec et CRIFPE,
Université de Montréal
Département d’administration et fondements de l’éducation Faculté des sciences de l’éducation
C.P. 6128, succursale Centre-ville,
Montréal, Québec H3C 3J7
claude.lessard@umontreal.ca
Joëlle morrissette
CRIFPE, Université de Montréal
Département d’administration et fondements de l’éducation Faculté des sciences de l’éducation
C.P. 6128, succursale Centre-ville,
Montréal, Québec H3C 3J7
joelle.morrissette@umontreal.ca


Au cours des dernières décennies, la Nouvelle Gestion Publique (NGP) a été constituée comme doctrine de référence pour orienter et configurer de nombreuses réformes introduites dans les administrations et secteurs publics, en Amérique [6] du Nord, dans les pays anglo-saxons et en Europe continentale. Elle désigne un mouvement d’ampleur visant la réorganisation en profondeur des systèmes administratifs, par transfert des méthodes de management traditionnellement réservées aux firmes privées et implantation d’instruments managériaux, comme la culture du résultat, la mesure de la performance, la contractualisation, l’imputabilité, l’approche-client, etc. Les causes de l’émergence et de la diffusion de la NGP ont été analysées dans de multiples directions : pour en cerner les origines dans le Royaume-Uni des années 1980 (Pesqueux 2006), pour caractériser les facteurs de son développement différencié selon les pays (Amar & Berthier 2007), pour retracer ses traductions et appropriations au cœur du fonctionnement de l’État en France (Bezes 2009). Le développement et le durcissement des logiques de rationalisation des décisions et politiques publiques et de réduction du périmètre et du volume des dépenses publiques alimentent une mutation de l’État-providence en un État gestionnaire, évaluateur et régulateur (Saussez & Lessard 2009).

En ce sens, la NGP trace un mouvement historique puissant. Mais cette référence commune ne doit pas être trop rapidement interprétée comme l’indice d’une convergence croissante des organisations administratives et de leur pilotage et, moins encore, comme le signe d’une coordination des réformes au plan international. Or la NGP est parfois considérée, à l’excès, comme la cause et l’explication de la modernisation ou, à l’inverse, de la destruction, de l’État, selon une rhétorique qui rappelle le recours abusif au néolibéralisme comme facteur explicatif exogène de la “crise” de l’enseignement (Dubet 2008). Pour autant, cette référence ne doit pas être négligée, d’abord parce qu’elle indique combien la NGP est une source d’inspiration et un creuset d’idées pour la conception de ces réformes, ensuite parce qu’elle cristallise critiques et oppositions, notamment de la part des professionnels travaillant dans les organisations publiques concernées.

Comment considérer les effets de la NGP et des réformes qu’elle inspire sur le travail des professionnels du secteur public et, spécialement, des acteurs de l’éducation et de la formation ? En mettant cette question au centre de ce dossier, nous entendons explorer les conséquences des transformations du pilotage de l’administration sur les activités de ceux qui y travaillent : que signifie une gestion par les résultats et la performance, quels sont les effets de l’introduction d’indicateurs de performance sur les manières de travailler, sur les façons de se coordonner, sur les identités professionnelles également ? Comment, dans les situations concrètes de travail, les acteurs sont-ils incités ou sommés d’ajuster leurs pratiques ? Par quelles voies et par quels acteurs se diffusent de nouvelles conceptions des métiers ? Comment les professionnels concernés sont-ils affectés par ces évolutions, comment s’y adaptent-ils ou y résistent-ils ?

Ce large spectre d’interrogations est balayé à partir d’enquêtes de terrain, conduites dans le domaine de l’éducation, mais aussi de la santé et de l’action sociale. Les travaux réunis ici adoptent des focales diversifiées, permettant ainsi [7] de faire varier les angles d’analyse. Ils aboutissent finalement à brosser un tableau nuancé et baroque des effets de la NGP sur le travail dans le secteur public. Ce dossier montre qu’ils ne peuvent être considérés comme des conséquences mécaniques et directes d’entreprises réformatrices, mais qu’ils dépendent et résultent de médiations complexes : traductions par les encadrements intermédiaires, inventions de dispositifs de suivi des activités, négociations de sens au cœur des situations de travail, ajustements des pratiques professionnelles, etc. Il place au centre du débat la notion d’autonomie des professionnels dans la réalisation de leurs tâches et la maîtrise de la définition de leur travail, sans considérer d’emblée qu’elles sont réduites aux acquêts par les réformes de la NGP, mais en étant attentifs aux manières dont elles sont infléchies ou déplacées et aux conséquences qui en résultent pour les professionnels. Les contributions qui suivent montrent des changements plurivoques et complexes, l’autonomie professionnelle pouvant être réduite, dans des propositions variables, dans certaines dimensions ou pour certains acteurs et simultanément accrue dans d’autres aspects et pour d’autres professionnels.

Les professionnels dans l’administration

La NGP n’est pas une entité homogène, mais résulte de la sédimentation progressive de nouvelles manières de penser l’organisation administrative issues de pratiques du management importées des firmes privées, d’enseignements tirés d’expérimentations conduites dans les pays anglo-saxons, de préconisations d’organismes internationaux comme l’OCDE, etc. Elle constitue un puzzle doctrinal, mais s’articule néanmoins autour de quelques principes et instruments censés structurer les réformes (Hood 1991, Merrien 1999, Bezes 2005) : la dissociation des fonctions de mise en œuvre et des fonctions de pilotage et de contrôle ; la fragmentation des bureaucraties et leur ouverture aux demandes et exigences des usagers ; la mise en concurrence des acteurs publics avec le secteur privé et l’externalisation des services ; le renforcement des responsabilités et de l’autonomie des échelons mettant en œuvre l’action publique ; la gestion par les résultats et la contractualisation, fondée sur la réalisation d’objectifs et l’évaluation de performances ; la normalisation, voire la standardisation, des pratiques professionnelles par le recours aux données probantes et aux pratiques exemplaires. Les réformes inspirées de la NGP mobilisent de manière séparée ou combinée ces principes de base. Au plan général, elles visent la remise en cause de certaines règles dites “bureaucratiques”, au sens de Max Weber, et sont porteuses d’une critique explicite des groupes professionnels du secteur public.

[8]

En Grande-Bretagne, les réformes conduites sous les gouvernements conservateurs (Thatcher) puis travaillistes (Blair) ont souvent été analysées comme des attaques contre des groupes professionnels qui revendiquent les principes et valeurs du service public, dans le secteur de la santé par exemple (Dent 2003, Exworthy & Halford 1999, Flynn 1999, Scott 2008, Thomas & Davies 2005). Nombre de travaux, menés dans d’autres pays et dans d’autres secteurs, rendent compte d’oppositions frontales entre des réformes néolibérales valorisant les logiques de marché, d’individualisation, de contrôle des performances et de choix des désormais clients-consommateurs et les agents des services publics concernés, par exemple en France (Bonelli & Pelletier 2010, Chauvière 2007, Gori et al. 2009), en Allemagne (Kuhlman et al. 2009), au Danemark (Kirpatrick et al. 2009) ou au Canada (Desjardins & Lessard 2011). Assurément, la NGP déstabilise les organisations administratives, la distribution des territoires professionnels, les routines de travail et, in fine, les professionnels travaillant dans les services publics. Mais la polarité entre organisations et professionnels, opposant management et professions (“managerialism” et “professionalism”, Gleeson & Knights 2006), n’est pas nouvelle ; elle caractérise structurellement la position des professionnels dans les administrations.

Les recherches sur les fonctionnaires de terrain (street-level bureaucrats) ont de longue date mis en évidence la dimension professionnelle des services produits dans les administrations. Qu’il s’agisse de l’enseignement, de la justice, du travail social, de la police, des soins hospitaliers, etc., deux propriétés saillantes des activités apparaissent récurrentes : le contact direct avec des usagers, destinataires du service ; une autonomie dans l’exécution du travail, confinant au pouvoir discrétionnaire (Lipsky 1980). En suivant l’analyse qu’en propose Mintzberg (1979) autour du concept de “bureaucratie professionnelle”, trois facteurs rendent compte de cette place particulière des professionnels : la maîtrise de savoirs d’expertise fortement spécifiques, appris pendant les années d’études ou à travers la pratique professionnelle ; la faible standardisation d’un travail fondé sur le traitement de cas singuliers ; le poids des collectifs de travail dans l’organisation des activités et son contrôle selon des règles collégiales.

Cette figure idéal-typique se caractérise par la combinaison de règles légales propres à la bureaucratie wébérienne et de normes corporatives spécifiques de chaque métier. Cet amalgame n’est pas exempt de tensions (Paradeise 2008), car il se caractérise intrinsèquement par une limitation de l’autonomie de professionnels, constamment confrontés au fonctionnement bureaucratique et plus largement aux injonctions au professionnalisme portées de l’extérieur au métier par les hiérarchies, des collectifs d’usagers ou tout autre acteur (Boussard et al. 2010). Il s’agit donc bien d’un modèle hybride, qualifié comme tel par des expressions composites, comme le professionnalisme bureaucratique (bureau-professionalism Clarke & Newman 1997) ou les professions de l’organisation (organizational [9] Professions, Noordegraaf 2007). Ces tensions marquant l’espace de définition des normes professionnelles sont renforcées par l’introduction de la NGP, puisque les réformes qui y puisent apparaissent destinées à disciplinariser les professionnels (Fournier 1999) et à resserrer les contrôles sur leur travail à travers l’introduction et la promotion de dispositifs de rationalisation, de standardisation et de redevabilité (accountability, Ackroyd et al. 1989). De fait, l’instrumentation gestionnaire et le contrôle managérial promus par ces réformes visent à endiguer le pouvoir professionnel (Freidson 1986), considéré comme démesuré, et à s’attaquer à chacune de ses composantes : dénonciation d’une autonomie jugée excessive et porteuse de dérives incontrôlables ; mise en cause de la dimension discrétionnaire du jugement dans les pratiques de travail ; critique du métier, de l’insuffisance supposée de son efficacité et de la disproportion de ses coûts ; stigmatisation de l’action collective et syndicale réduite à un corporatisme entravant tout changement et source de rigidité de l’organisation.

Cette opposition entre NGP et professionnels dans l’État est une clé de lecture immédiatement intelligible des transformations à l’œuvre, mais pour autant elle n’épuise pas l’analyse. Pour saisir les conséquences effectives des réformes sur le travail des professionnels, il faut multiplier les investigations empiriques approfondies, afin de prendre en compte la variété des situations, qu’il s’agisse des traductions de la NGP en dispositifs gestionnaires ou des activités de travail au sein des administrations. Les articles rassemblés dans ce numéro d’Éducation et Sociétés montrent bien les profits d’une telle démarche, parce qu’ils mettent en valeur l’hétérogénéité des articulations entre NGP et professionnels, tout en permettant de dégager quelques enseignements conduisant à dépasser la thèse, courante, d’une opposition irréductible entre les réformes néo-managériales introduites au sein de l’État et les acteurs travaillant dans les services publics, avec la conséquence inéluctable d’un affaiblissement généralisé des autonomies professionnelles.

Quelques lignes de force peuvent être tracées à partir des textes ici regroupés, qui montrent combien les impacts de la NGP sur le travail des professionnels sont variés et complexes :

  • Les transpositions de la NGP : considérée sur le plan de ses principes et doctrines, la NGP est un puzzle ; un constat similaire peut être dégagé quand elle est examinée dans ses traductions concrètes par sa mise en œuvre à travers des dispositifs et normativités à visée gestionnaire.

  • Les variations de la NGP : la variable nationale compte pour saisir la diversité des réformes relevant de la NGP, mais l’attention portée à sa mise en œuvre fait surgir de nombreuses autres sources de variations (secteurs d’activité, professions, contextes locaux, etc.).

  • Les ambivalences de la NGP : les visées réformatrices de la NGP affrontent des configurations multiples d’acteurs et de règles et l’analyse de ces traductions localisées donne à voir une dimension paradoxale ou ambivalente de la NGP.

[10]

Les transpositions de la NGP

Si l’idéologie néo-managériale sous-jacente à la NGP constitue parfois un  prêt-à-penser mobilisé par raccourci par ses promoteurs, ses détracteurs ou ses analystes, elle n’est pas une doctrine stabilisée une fois pour toutes (Hood 1998). Surtout, elle fait l’objet d’appropriations partielles, de compositions nationales et locales (parfois parallèlement à d’autres réformes), de traductions pragmatiques par les acteurs de terrain et de mises en œuvre dans des technologies concrètes qui en façonnent les orientations et les enjeux. Pour être opératoire et produire des effets au sein des services publics, elle s’incarne dans des dispositifs et instruments (indicateurs de performance, nouveaux systèmes de comptabilité et d’audit, focalisation sur les coûts, mise en concurrence, etc.).

Les articles rassemblés privilégient pour la plupart cet angle de la mise en œuvre de la NGP. Ils montrent alors que celle-ci est médiatisée par des réformes concrètes dont les traits saillants empruntent, de manière plus ou moins évidente, à certaines composantes de la matrice initiale. Anne Barrère (page 21) analyse l’élargissement du rôle des chefs d’établissement scolaire en France dans une conjoncture de décentralisation du système éducatif et leur implication auprès des enseignants en vue d’améliorer les performances scolaires. Branka Cattonar, Xavier Dumay et Christian Maroy (page 35) interrogent les effets d’une politique d’évaluation externe des élèves en Belgique à travers son implantation locale et son accompagnement par les cadres intermédiaires de l’enseignement. James P. Spillane et Laureen Anderson (page 53) étudient l’implantation de politiques de performance scolaire dans des écoles primaires de Chicago, en montrant comment des leaders locaux, administrateurs et enseignants (re)configurent l’infrastructure de l’organisation formelle de leur établissement. Lise Demailly (page 75) explore l’implantation de modèles sectoriels de NGP en inventoriant les sources de différenciations qui caractérisent la santé somatique et la santé mentale ainsi que l’éducation. Christian Maroy et Samuel Vaillancourt (page 93) consacrent leur analyse à la production d’un dispositif de régulation institutionnelle du système éducatif québécois (la gestion axée sur les résultats) et centrent leur propos sur les discours syndicaux à l’égard de ce projet de changement. Yves Couturier, Dominique Gagnon, Louise Belzile (page 109) interrogent les logiques de standardisation de la prise en charge des personnes âgées en perte d’autonomie dans le système de santé Québécois et montrent les effets d’une conception scientiste de la pratique professionnelle débouchant notamment sur la conception d’outils d’évaluation des besoins des usagers.

La NGP est appréhendée moins comme une idéologie, même si les textes en rappellent certains principes de base, que comme une série de politiques, différenciées selon les cas étudiés et définies, de manière spécifique à chaque fois, par des buts poursuivis, des justifications légitimatrices, des dispositifs techniques, des procédures [11] formelles. Plus encore, au-delà de cette dimension de conception opérationnelle, elle est analysée dans sa mise en œuvre, à travers les acteurs impliqués, les stratégies qu’ils déploient, les négociations qu’ils poursuivent, les micro-changements qu’ils déclenchent. Ce faisant, la NGP prend de l’épaisseur et de la consistance, elle engage des acteurs : les professionnels visés, les hiérarchies intermédiaires, des représentants des destinataires du service, mais aussi de multiples partenaires qui concourent à la production de ce service (firmes pharmaceutiques dans le cas de la santé par exemple). Elle est donc prise dans des systèmes d’acteurs qui, travaillés par des rapports sociaux (négociations, désaccords, affrontements), contribuent à la configuration des réformes (Maroy & Vaillancourt), comme à leur traduction, leur interprétation, leur transformation. En ce sens, même si l’accompagnement des réformes par une instrumentation vise à leur donner une continuité et à préserver leurs visées, la NGP ne se déploie jamais de manière uniforme, mécanique ou univoque.

Étudier sa mise en œuvre aboutit invariablement à souligner combien elle est traduite à l’échelon local, au plus près des pratiques professionnelles. Aussi serait-il réducteur de considérer les conséquences qui en découlent pour les professionnels comme la trace de forces externes : les professionnels eux-mêmes contribuent à définir, limiter, amplifier, orienter ces conséquences. Ces observations permettent d’aller au-delà de la grille de lecture classique organisée autour de la tension entre autonomie et contrainte, la NGP étant considérée, au moins de manière hypothétique, comme une tentative pour imposer de nouvelles contraintes et réduire l’autonomie professionnelle. En effet, les professionnels – ou du moins certains d’entre eux – peuvent être pour eux-mêmes des acteurs de l’introduction d’un changement défini de manière exogène (Spillane & Anderson), ils peuvent accompagner les changements, y adhérer de manière plus ou moins critique et participer à des mécanismes d’autocontrainte (Cattonar et al.) ; ils peuvent aussi trouver dans leurs propres croyances et idéologies des convergences avec certaines finalités de la NGP largement considérées comme évidentes ou peu contestables, telles la centralité de l’usager ou la réussite scolaire (Maroy & Vaillancourt). Par ailleurs, ceux qui occupent des positions d’encadrement intermédiaire peuvent mettre en œuvre des réformes sans s’y convertir toutefois et en prenant en compte les conceptions du travail portées par les professionnels qu’ils encadrent (Barrère). Le déploiement des réformes connaît, dès lors, d’amples variations, organisées selon de multiples dimensions que les articles pointent ou détaillent.

Les variations de la NGP

La montée en puissance des logiques managériales dans la plupart des domaines d’intervention de l’État est un mouvement transnational, même s’il se déploie avec des temporalités et des modalités différenciées selon les pays (Leicht et al. [12] 2009). L’attention portée à la mise en œuvre de ces réformes concourt à souligner la multiplicité des sources de modulation des tensions entre NGP et professionnels du secteur public. Dans cette perspective, la variable nationale est mobilisée, par exemple pour souligner les spécificités anglo-saxonnes où l’introduction de la NGP a été globalement plus rapide, brutale et contraignante qu’ailleurs (Allsop 2006, Dent 2003, Harrison 2002, Moran 2000). La comparaison internationale ou interétatique peut mettre en évidence des écarts importants dans les trajectoires de la NGP. Ainsi Clark (2002), analysant l’évolution des politiques publiques dans les diverses provinces canadiennes au cours de la décennie 1990, montre les poids relatifs qu’y prennent deux formes typiques de NGP : l’une, dite néolibérale, axée sur le recours aux mécanismes du marché, la sous-traitance, la privatisation et la déréglementation ; l’autre qu’il appelle “néo-statiste”, davantage incarnée dans la planification stratégique, la contractualisation, la construction d’indicateurs de performance et la redevabilité (accountability). Selon ces résultats, le Québec est plus “néo-statiste” que l’Alberta, de même la France plus que l’Angleterre. Cette piste appelle le développement de recherches comparatives, particulièrement difficiles à conduire si on veut préserver la finesse du grain d’analyse que les articles de ce dossier retiennent.

La variable sectorielle est ici spécialement pertinente, comme le montrent les comparaisons éclairantes, de l’éducation et de la santé ou de différentes spécialités médicales (Demailly). Chacun de ces domaines se caractérise par une configuration particulière, qui peut être renseignée dans de multiples dimensions. Les acteurs concernés ont leurs spécificités, au premier chef les groupes professionnels impliqués : qui ont des degrés d’organisation et de cohérence variables, sont dotés de degrés de légitimité et d’utilité sociales différenciés et ont en conséquence des capacités de résistance collective contrastées. Aussi les nouvelles formes de pilotage rencontrent des circonstances spécifiques de chaque secteur, doté d’acteurs plus ou moins légitimes, solides, combatifs également. À chaque secteur correspondent un système d’acteurs, une écologie professionnelle (Abbott 2003), plus ou moins étendue, dense, et traversée par des enjeux et intérêts concurrents ou convergents selon les cas. La légitimité, le poids et le rôle de composantes externes aux organisations publiques stricto sensu, comme les usagers (parents d’élèves pour le système scolaire, associations de malades pour le système hospitalier) ou des firmes dont la profitabilité est dépendante du fonctionnement du secteur (industrie pharmaceutique dans les différentes branches de la santé), interfèrent aussi dans les jeux d’acteurs et les tensions entre NGP et professionnels. Dès qu’elle est envisagée à travers ses manifestations concrètes, la NGP apparaît moins monochrome, puisque chaque domaine de l’action ou de l’administration a de fortes colorations et spécificités.

Une autre piste de réflexion est ouverte par l’attention portée aux conditions concrètes de la pratique professionnelle, car les caractéristiques des services rendus [13] offrent des conditions plus ou moins favorables au pilotage et au contrôle des pratiques. Ici les différenciations se creusent en fonction de multiples éléments : complexité des tâches à accomplir, importance sociale accordée aux problèmes à résoudre, degré d’ésotérisme des savoirs à mobiliser, exclusivité de la compétence spécialisée, robustesse des expertises, mais aussi, comme le montre la comparaison de la santé somatique et de la santé mentale (Demailly), possibilité de standardiser les pratiques, de les traduire en protocoles opératoires – et évaluables –, de les inscrire dans des codifications homogènes. Mais la transposition des pratiques en protocoles formels au nom de principes supérieurs (qualité, efficacité, équité) peut coexister avec la mobilisation de savoirs d’expérience mobilisés en situation (Couturier et al.). Selon les cas, les activités de travail peuvent faire l’objet d’une industrialisation et d’une formalisation plus ou moins abouties et les prescriptions être dotées d’une force de contrainte extrêmement variable, oscillant de l’obligation juridique assortie de sanctions directes en cas de manquements à la simple incitation soutenue par de vagues encouragements.

Centrer l’attention sur la mise en œuvre concrète de réformes conduit, assez logiquement, à souligner le rôle des médiateurs dans les traductions de la NGP à l’échelon local. Plusieurs articles argumentent cette dimension, insistant sur le rôle des hiérarchies intermédiaires dans l’implémentation des réformes et, au-delà, dans leurs conséquences sur les pratiques des professionnels. Ainsi, l’efficacité ou l’effectivité d’une mesure d’évaluation externe des acquis des élèves apparaît directement dépendante des manières dont les inspecteurs et les directeurs d’école s’en saisissent (Cattonar et al.). Plus généralement, l’introduction de réformes semble s’appuyer sur l’attribution de nouvelles missions aux cadres intermédiaires, directement au contact des professionnels dont le travail est visé, faisant en conséquence émerger l’espace local, et notamment celui des établissements scolaires, comme territoire déterminant pour le devenir de ces réformes et pertinent pour leur analyse. Ainsi, la traduction des politiques éducatives dans les pratiques d’enseignement apparaît directement dépendante des investissements que les chefs d’établissement y consacrent (Barrère), de leur engagement dans la mobilisation des équipes pédagogiques et de leurs capacités à coupler les injonctions de la politique, les pratiques enseignantes et l’environnement institutionnel (Spillane & Anderson). Cette prise en compte du rôle des cadres intermédiaires dans l’implantation de la NGP suggère que celle-ci ne peut être réduite à une logique de contrôle de professionnels, qui seraient soumis à une recomposition ou un affaiblissement de leurs professionnalités, à une déprofessionnalisation (Demailly 2009, Haug 1988, Mac An Ghail 1992, Ritzer & Walczak 1988). Car, à travers leur participation à la mise en œuvre des réformes, les cadres intermédiaires acquièrent des savoirs d’intervention – la gestion du changement et de l’organisation – qui enrichissent leur propre professionnalité.

[14]

Mais, qu’il s’agisse des professionnels travaillant en première ligne ou de ceux qui les encadrent, ces groupes ne sont pas également soudés autour d’une communauté d’intérêts. Loin d’être des entités homogènes, ils sont traversés par des divisions internes, qui renvoient à des manières de travailler, des conceptions des bonnes façons de faire, des distributions statutaires, des appartenances générationnelles, des expériences professionnelles, etc. Or les réformes de la NGP croisent ces orientations personnelles et ces parcours, qui constituent un autre facteur de leur diffraction. Ici encore, les articles ne brossent pas des tableaux uniformes. Une piste ainsi ouverte, qu’il conviendrait d’explorer plus avant, concerne les effets des réformes en termes de gains et pertes (Ferlie et al. 1996). La mise en œuvre des réformes ne passe-t-elle pas par la mobilisation de certains professionnels, associés ou enrôlés, mais aussi rétribués et récompensés pour leur contribution à l’implémentation et à la mise en œuvre des changements ? Plusieurs articles identifient, au sein des organisations publiques, des porteurs des logiques réformatrices qui jouent un rôle actif dans leur implantation. Ils montrent ainsi, à la suite d’autres travaux (Ackryod 1996, Brassard et al. 2013, Gunter & Rayner 2007), les conséquences contradictoires de la NGP pour les groupes professionnels, qui peuvent voir leur territoire se rétrécir ou s’élargir, et leur position dans les systèmes d’acteurs être réévaluées ou fragilisées. La perspective pourrait aussi être renversée, dans l’objectif d’analyser les conséquences de ces modalités de mise en œuvre en termes de multiplication des lignes de partage au sein des groupes professionnels, de recomposition de ces groupes, de déplacements de leurs périmètres. La variété des mises en œuvre de la NGP inaugure, assez logiquement, des effets plurivoques, qui lui donnent une coloration ambivalente.

Les ambivalences de le NGP

Les conséquences des réformes de la NGP pour les professionnels sont bien réelles et les contributions à ce dossier en livrent des descriptions précises. Celles-ci montrent que ces effets ne sont pas uniformes et ne peuvent s’analyser comme des renversements qui feraient basculer les mondes professionnels ou les activités de travail d’un état à un autre, d’une autonomie –en fait toujours relative–à une contrainte qui n’est jamais généralisée. Si la NGP est une source de changements, si elle est porteuse d’une logique réformatrice ayant ampleur et profondeur, elle ne rencontre pas, dans ses traductions concrètes, des situations figées et ossifiées. Ni les professions ni les organisations publiques ne sont des entités stabilisées.  Au contraire, elles sont marquées en permanence par une multiplicité de transformations, relatives aux réglementations juridiques, aux dispositifs techniques, aux [15] demandes des usagers, aux normativités professionnelles, etc., autant de sources de mutation des activités elles-mêmes.

Ainsi, dans de nombreux domaines, comme ceux de l’enseignement, du travail social ou de la santé et, plus largement, dans les activités de service public à forte composante relationnelle, le travail est marqué par des incertitudes croissantes sur les manières de poser les problèmes, sur les réponses à y apporter, sur l’efficacité des méthodes, sur les priorités à privilégier (White & Stancombe 2003). Ces incertitudes sont inhérentes à des activités de service qui ont un caractère peu prévisible et peu programmable, parce que la définition du service est irrémédiablement floue et qu’elle s’appuie largement sur des savoirs implicites et non codifiés (Sternberg & Horvarth 1999). Les logiques externes de changement (montée des exigences des clients ou des usagers, rationalisation des coûts, etc.) interagissent avec ces évolutions internes, qui font surgir chez les professionnels des interrogations sur le sens de leur travail (Sutherland & Dawson 2002). Ces articulations sont complexes et pèsent sur l’implantation des réformes, car celles-ci sont prises dans des dynamiques professionnelles préexistantes, où elles peuvent être diluées, consolidées, déformées, débattues, selon les cas. Ainsi, la transcription du service aux personnes âgées dépendantes en protocoles standardisés peut constituer à la fois un cadrage plus serré des activités des gestionnaires de cas et une possibilité pour ceux-ci de mieux faire valoir les besoins des usagers (Couturier et al.).

Dans certaines situations, les réformes ont des effets assez puissants de transformation des professionnalités, dans la mesure où, au-delà des rhétoriques volontaristes qui les accompagnent, elles modifient sensiblement –sans doute durablement quand elles convergent avec les réflexions des professionnels– les pratiques de travail. Ce type d’effet est particulièrement visible à travers la prise en charge des orientations nationales par des acteurs qui impulsent ou pilotent les changements et qui animent et coordonnent les professionnels de première ligne. Émergent ainsi des traducteurs ou des prescripteurs locaux, qui dans le cas du système éducatif sont les chefs d’établissement ou les inspecteurs (Barrère, Cattonar et al.). Pour ces catégories de l’encadrement intermédiaire, le travail se transforme souvent très sensiblement, mais il serait réducteur –inexact même– d’interpréter ces évolutions comme le produit de contraintes externes dans la mesure où les orientations réformatrices promues ou imposées rencontrent des réflexions ou attentes préalables de ces professionnels ou se combinent avec leurs propres perspectives. Cela ne signifie pas, à l’inverse, qu’ils se sont convertis aux réformes, mais du moins qu’ils adhèrent à leurs orientations générales (réussite scolaire, importance de l’élève) et y trouvent un espace pour développer des initiatives concrètes susceptibles de mobiliser les enseignants (Spillane & Anderson). Ces travaux représentent aussi un appel à l’étude des transformations des fonctions de management (pilotage, évaluation) au sein des organisations publiques où progressent des formes de gouvernement par la performance et par le contrôle bureaucratique (Hood et al. 1999).

[16]

Aux conséquences affectant le travail de certains professionnels s’ajoutent des effets plus systémiques, qui se traduisent dans la recomposition des relations entre les acteurs contribuant à la production des services publics. Autrement dit, les conséquences des réformes ne sont pas saisies seulement dans une sorte de face à face entre NGP et professionnels, elles sont aussi inscrites dans les écologies sectorielles, dans les interdépendances entre une multiplicité d’acteurs. Un premier résultat révélé par cette focale d’observation concerne le déplacement des frontières des organisations publiques. Les acteurs intermédiaires qui endossent un rôle de management orienté vers l’inflexion des pratiques, par exemple les enseignants, contribuent, dans la lignée de la visée de la NGP, à accorder une importance croissante aux usagers (élèves et parents d’élèves) et, ce faisant, à les inscrire au sein du système éducatif (Barrère). Un second résultat, corollaire, réside dans la socialisation des professionnels à de nouvelles normativités, à d’autres définitions de leur travail. Si on peut parler de socialisation, c’est que les mécanismes d’introduction des changements ne se réduisent pas à l’imposition autoritaire –même si, par exemple, la bureaucratisation des savoirs scientifiques peut se traduire dans des nomenclatures d’activité brutalement imposées (Demailly)– mais relèvent pour une part de la négociation entre acteurs. Cette négociation peut mobiliser des collectifs constitués, tels les syndicats (Maroy & Vaillancourt). À l’échelle des espaces de travail (workplace), elle s’inscrit dans des micro-situations, dans des interactions quotidiennes ou ordinaires qui balisent les activités de travail : échanges entre pairs, concertations collectives, réunions sous la houlette des chefs d’établissement (Barrère, Cattonar et al., Spillane & Anderson), soit autant de vecteurs de cette socialisation progressive, par touches successives. La socialisation professionnelle est un processus incertain dans son cheminement et sa continuité, de sorte que ce rouage de la NGP conduit à pointer le caractère ambivalent des effets de la NGP sur le travail des professionnels.

L’efficacité de la NGP est le produit de mécanismes complexes et plusieurs contributions soulignent qu’elle peut être envisagée dans deux dimensions du travail qui se combinent selon des schémas variables : d’un côté les pratiques professionnelles, de l’autre les conceptions de l’activité. Dans certains cas, les professionnels semblent adhérer aux principes –du moins à certains d’entre eux– de la NGP, notamment quand ils rencontrent leurs propres croyances professionnelles : ainsi, les enseignants peuvent endosser les logiques de responsabilisation (accountability) parce qu’ils valorisent leur rôle dans la réussite des élèves (Cattonar et al.). Mais cela n’implique pas nécessairement qu’ils modifient leurs pratiques face à ces élèves. L’adhésion aux réformes constitue un objet d’investigation en tant que tel dans la mesure où elle apparaît souvent partielle, parfois formelle ou de façade, et compatible aussi avec une distance critique qui est un marqueur de l’autonomie professionnelle. De l’adhésion à la conversion, il y a une distance qui paraît souvent infranchissable, ce qui relativise les effets de la NGP. Mais [17] symétriquement, une adhésion même distanciée ou réflexive peut être associée à un engagement concret et pratique dans la mise en œuvre de la réforme (Barrère). Cette dialectique est un indicateur de la complexité des médiations entre la NGP et le travail des professionnels. L’hypothèse peut aussi être avancée qu’elle constitue un amortisseur des risques de division ou d’éclatement des groupes professionnels, puisqu’elle ouvre l’espace des positions possibles à l’égard des réformes au-delà des postures les plus tranchées, de conversion ou de rejet. Les risques d’émiettement des collectifs de travail ne sont pas annulés néanmoins, puisqu’ils sont élevés quand des normes exogènes sont imposées, à travers par exemple des nomenclatures standardisées d’activités qui rationalisent le travail des psychiatres de manière brutale (Demailly). La variété de ces conséquences, à la fois sur le travail concret et sur la cohésion des groupes professionnels, apparaît liée à la force des contrôles et des sanctions qui accompagnent l’implantation des réformes : le pilotage des pratiques peut en effet, selon les cas, être direct et puissant, quand il est adossé à une rationalisation et une bureaucratisation des savoirs scientifiques comme avec la pratique fondée sur des données probantes (Evidence Based Practice) (Couturier et al., Demailly) ou à l’inverse suivre des cheminements incitatifs, persuasifs ou réflexifs (Spillane & Anderson ) et dessiner ainsi les contours d’une responsabilisation (accountability) douce (Cattonar et al.).

Conclusion

Finalement, il apparaît clairement que la NGP ne peut être considérée comme un ensemble uniforme et homogène, particulièrement quand elle est saisie à travers sa mise en œuvre dans des organisations et des situations de travail concrètes. Elle couvre un large spectre, entre un modèle promouvant la standardisation des procédures de travail, l’intégration verticale et le contrôle managérial des résultats des professionnels, et un modèle promouvant les capacités d’initiative et d’autorégulation, la valorisation de l’expertise et l’implication des professionnels dans les réformes (Newman 2001). L’analyse par le bas, privilégiée dans les articles rassemblés dans ce dossier, montre une variété d’oscillations et de combinaisons, livrant ainsi un tableau subtil. À la lecture, il apparaît que les réformes introduites dans le secteur public au nom de la NGP affectent le travail de professionnels qui y ont conquis une certaine autonomie au nom de leur expertise, de la qualité du service rendu et d’une conception à la fois personnelle et collective du travail bien fait. Ces articles nourrissent cette perspective, mais ils mettent aussi en garde contre les généralisations hâtives qui concluraient qu’un conflit central traverse les bureaucraties professionnelles. Certes, les tensions y apparaissent assez généralisées, mais elles y prennent des formes très différenciées. Elles se déclinent, en effet, dans un large spectre entre autonomie professionnelle et contrôle de l’organisation : elles s’apparentent moins à une disparition de cette autonomie [18] –qui n’est jamais absolue au sein des bureaucraties professionnelles– qu’à un recadrage de cette autonomie ; un recadrage qui suit des cheminements distincts selon les pays, les secteurs, les groupes, les modalités de mise en œuvre des réformes. Les textes proposés invitent à complexifier l’analyse des conséquences des réformes ; ils suggèrent que leur implantation ne se réduit pas à une rupture avec un ordre ancien dans lequel des professionnels auraient travaillé de manière autonome et à distance de leur organisation d’appartenance, mais qu’elle rencontre et bouscule dans nombre de cas un lacis de relations et d’échanges auxquels participent les professionnels au sein d’univers organisés structurant leur activité professionnelle.

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Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 26 mai 2022 14:37
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 



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