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Quatrième de couverture
Écrit dans l’urgence, ce livre pourrait laisser l’impression de raconter l’histoire d’un naufrage, car il commence par une esquisse de l’itinéraire d’une génération accablée par des désillusions répétées et parfois tragiques. Mais le propos des auteurs est surtout ailleurs : repenser, à travers les enseignements du combat démocratique des deux dernières décennies, la problématique de la démocratisation en Haïti. Il s’agit, pour eux, de reprendre leurs réflexions dans le cadre de l’histoire qui se fait, actuellement, sous nos yeux dans un état de grande confusion. Tout le monde se réclame de la démocratie, mais chacun a sa petite idée de la démocratie ; on va jusqu’à renverser l’ordre démocratique par un coup d’État pour cause de dictature appréhendée ; on massacre des gens et on saccage les institutions pour sauvegarder la démocratie.
Un projet démocratique pour Haïti est d'emblée un projet politique. Cela implique des objectifs, une stratégie, des formes de mobilisation et de luttes ; il concerne au premier chef les forces sociales et politiques susceptibles de le porter ; il appelle des transformations sociales, institutionnelles et culturelles. Ce sont là des conditions élémentaires pour qu’il se traduise dans les faits. Plusieurs des acteurs de la scène politique et les forces démocratiques, aux prises avec le lourd héritage de l’Histoire, n’ont pas toujours été à la hauteur des choix qui s’imposent et des nombreuses exigences que pose, à cette croisée des chemins, loin des complaisances, la Démocratie, ce bien fragile et sans cesse menacé.
Les auteurs, nés en Haïti, vivent au Québec depuis 1966. Ils ont une longue pratique de collaboration intellectuelle et politique dans l’émigration. Membres de la rédaction de Collectif Paroles (1979-1986), ils ont déjà publié, conjointement avec Charles Manigat, Haïti, quel développement ? (1975)
Claude Moïse (1932), enseignant et historien, a publié, aux éditions du CIDIHCA, Constitutions et luttes de pouvoirs en Haïti (deux tomes, 1988 et 1990) et, aux éditions Henri Deschamps/CIDIHCA, Le régime colonial français à Saint-Domingue (1990) en collaboration avec Michel Hector.
Émile Ollivier (1940), enseignant, sociologue et romancier est l’auteur d’un recueil de nouvelles, Paysage de l’aveugle (1976) et de trois romans : Mère-Solitude (Prix Jacques Roumain 1985), La Discorde aux cent voix (Prix du Journal de Montréal 1987) et Passages (Grand Prix littéraire de la Ville de Montréal 1991).
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