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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir du livre de Jean-Paul Desbiens, Sélection de citations. À l'heure qu'il est. Journal 1996-1997. (1998). Une présentation et une sélection de Laurent Potvin, frère mariste, Château-Richer, Qc. Chicoutimi: Les Classiques des sciences sociales, mai 2011, 49 pp. [Autorisation accordée par l'auteur le 20 janvier 2005 de diffuser la totalité de ses publications.]

Présentation
Sélection de citations.

Présentation

Par Laurent Potvin,
frère mariste, 14 juillet 2011.


     « Jérusalem, ville intense. La chaleur est intense, les convictions sont intenses, les débats sont intenses, les conflits sont intenses. Y avoir séjourné, ne fût-ce que trois mois, est une expérience intense. » Voilà ce que Jean-Paul Desbiens notait dans l’avant-propos de son journal qui couvre une courte période : septembre 1990 à mars 1991,  mais une période intense qui devait marquer ses dernières années parmi nous.

      Cet avant-propos nous éclaire sur la motivation personnelle qui l’a poussé à cette visite culturelle aux Lieux saints. Ses buts premiers n’étaient pas touristiques.  Son but était double : vivre un certain temps dans le pays du Christ tout en suivant une session d’études qui satisfaisait pleinement son désir de ressourcement spirituel.

     C’est à Jérusalem même qu’il  passera donc le plus clair de son temps. « Jérusalem, écrit-il dans un long avant-propos, haut lieu spirituel de la terre. Depuis plus de 3 000 ans, sur une superficie d'à peine un kilomètre  carré, des hommes y adorent et prient le Dieu unique, créateur des choses visibles et invisibles. C'est dans ses murs que Jésus a été crucifié… Jérusalem est aussi un des hauts lieux de l'histoire : l'histoire advenue et l'histoire qui advient. Pour un chrétien, l'histoire des Juifs, depuis Abraham jusqu'à l'Apocalypse, c'est l'Histoire sainte, l'histoire du salut. C'est mon histoire. »

     J’ai sélectionné à votre intention  certains grands moments de son séjour en Israël, ses impressions sur ses principales visites, sur quelques rencontres et quelques étonnements compte tenu des circonstances.

     Vivre le temps de Noël près de Bethléem en y entendant les airs de Noël populaires de par le monde l’aura profondément impressionné. Mais ce qui l’aura le plus inquiété, comme révolté, ce sera l’état de tension que les gens vivent en ce coin de la terre, où  Palestiniens et Israéliens sont constamment sur le qui-vive, où les menaces de guerre sont latentes. Et, pour Jean-Paul Desbiens, choc supplémentaire :  tout cela se produisait , et durait, dans ce coin du monde où des hommes avaient entendu ces paroles lors de la naissance de Jésus : « Paix sur terre aux hommes de bonne volonté! » ( Luc, 2, 14)

     La sélection que vous allez parcourir vous invitera certainement à vouloir prendre plus ample connaissance de ce Journal de Jean-Paul Desbiens : Jérusalem, terra dolorosa.  En effet, ce n’est pas en quelques pages, comme celles que vous lirez ici, qu’il est possible de saisir les nombreuses facettes de la pensée que Jean-Paul Desbiens présente à ses lecteurs après un tel séjour.  D’autant plus qu’en prenant connaissance des pages de son volume vous pourrez  avoir accès aux   renseignements que  professeurs et autres spécialistes  ont, à tour de rôle, fournis aux  auditeurs dont Jean-Paul Desbiens, incidemment, était le doyen d’âge.  Vous pourrez alors mieux saisir les réactions que l’auteur exprime  dans Jérusalem, terra dolorosa.

Laurent Potvin
frère mariste, Château-Richer,
14 juillet 2011
Les Classiques des sciences sociales




SÉLECTION DE CITATIONS

JÉRUSALEM. Terra dolorosa. Journal (1991)

 (Jean-Paul Desbiens)


« Voici quelques passages de mon Journal. personnel. »

Une sélection de Laurent Potvin, frère mariste.

A


Allemagne réunifiée

« Mardi, 2 octobre 1990 : Depuis minuit, l'Allemagne est réunifiée. « C'est un miracle », me disait ce midi un jésuite allemand, missionnaire depuis 25 ans au Zimbabwe. »

Amour chrétien

« L'amour, l'amour chrétien, est une denrée très rare. Il faut prier pour en avoir un peu, il faut en parler humblement, mais il ne faut pas laisser entendre que c'est facile. « Allez, braves petits fidèles, aimez-vous les uns les autres. » On ne peut aimer que dans l'exercice concret de la vie : un métier, une vie conjugale, un office. »

Amour. Comment se vérifie-t-il?

« L'amour, l'amour même, ne se vérifie que dans l'opposition et la souffrance. »

Arme…Une arme et sa raison d’être…

« Il est sans exemple qu'une arme ne finisse pas par  être utilisée. »

Aujourd’hui, 19 septembre 1990

« Aujourd'hui, Jour de l'An israélien (rosh hashana). Nous entrons en l'an 5751. Pour les Juifs, l'histoire n'est pas divisée par la naissance de Jésus. »

Autel du Calvaire

« Dimanche, 16 décembre 1990, à 06h30, Roland Meynet célèbre la messe à l'autel du Calvaire au Saint-Sépulcre. Au Mémento des vivants, il lit la liste des personnes pour lesquelles je désirais offrir cette messe. »

Avoir la foi

« Avoir la foi, c'est quoi ? C'est être sûr que Dieu est amour et qu'il m'a aimé jusqu'à mourir pour moi. Comment est-ce que je réponds à cet amour ? Devant cette question, je mesure la faiblesse de ma foi, de sorte que, au bout du compte, dire le Credo, c'est, indivisiblement, prier pour pouvoir le dire en vérité.


B


Bible après mon séjour à Jérusalem

« Par ailleurs, je ne sais pas encore ce que mon séjour à Jérusalem m'aura donné, sauf ceci : je ne lirai ni ne prierai plus la Bible de la même façon. »

Bible, connaissance que j’en ai

« Une inclination personnelle a renforcé ces influences culturelles et religieuses. Je me suis donné une connaissance de la Bible que la pratique de l'écriture a contribué à développer. »

Bible, sa référence dans nos vies

« En dehors de toute piété, en dehors même de toute foi, nos esprits, notre mémoire, notre langue sont imprégnés de la Bible. J'oserais dire qu'il s'agit là de la référence la plus commune, la plus répandue, du moins pour les hommes de ma génération. »

Bilan sommaire de mon séjour  à Jérusalem

« Je n'aurai même pas été quatre mois absent du pays, mais il me semble qu'il y a très longtemps que je suis parti. Ce sentiment s'explique par le fait que les périodes que l'on vit intensément, les périodes pleines d'événements, de surprises, de découvertes, si elles paraissent brèves pendant qu'on les vit, se révèlent longues au plan du souvenir. Malgré tant et tant de nouveaux visages, cette période en aura été une de grande solitude. Une période de pauvreté et d'austérité. Donc une période de prière. »


C


Centre Pompidou

« Visite aux Halles et au Centre Pompidou. Le Centre Pompidou vieillit vite et mal. C'est une machine. Une vieille machine n'est jamais belle. Le Centre Pompidou n'a pas encore 20 ans... Il n'est pas fait pour durer. Seuls durent les lieux de culte. Pas de culture sans culte. Le culte de la culture n'est pas un culte.»

Chemin quotidien vers mes cours

« Il se trouve que le chemin le plus court et le plus simple (voire!) passe devant le Saint-Sépulcre et qu'il coïncide, au complet, avec la Via Dolorosa. Kamal, mon guide, multiplie les génuflexions et les baisements des reliques ou des pierres sacrées. »

Cimetière du Père-Lachaise

« Visite au cimetière du Père-Lachaise. Surpris par son étendue : je le croyais tout petit. On pourrait y passer une journée... et s'y perdre. En fait, j'ai dû demander comment en sortir. À l'entrée principale, deux citations de l'Écriture, dont l'une,  de saint Jean, la même que celle que j'ai fait inscrire sur le monument des Frères, dans le cimetière de Desbiens. « Je suis la Résurrection et la Vie : celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra, et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? » (Jn 11, 25-26.) »

Claude Mauriac

« Il tient son journal depuis l'âge de 14 ans. (Il est né en 1914.) Du 1er janvier 1930 au 1er janvier 1940, il n'a pas omis un seul jour. De cet immense journal, il a tiré son œuvre majeure : Le temps immobile (10 tomes publiés jusqu'à ce jour.) Je suis à lire le tome 7 (1983). À propos d'un nom, d'un événement, d'un souvenir, il superpose le présent au passé en puisant directement dans son journal.

Cœur

Cœur, dans la Bible : organe de la sagesse et non des sentiments.

Communisme  et anticommunistes 

« Les anticommunistes ont fait rire d'eux par toutes les gauches pendant 60 ans. On est plutôt content, aujourd'hui, qu'ils aient fini par avoir raison. On devrait dire qu'ils se sont fait donner raison par le communisme lui-même. »

Conflits et vie en société. Comment les régler?

« Il est faux de dire que les « négociations » et autres moyens de dissuasion doux peuvent régler tous les conflits. La force sera toujours l'ultime moyen de permettre, précisément, la vie en société. »

Conflit Israéliens-Palestiniens

« Je lis : L'un meurt, l'autre aussi, de Rachel Mizrahi (Hachette, 1982). Roman-reportage sur le conflit entre Israéliens et Palestiniens. L'auteur est une juive qui vit en France. Ses sympathies sont carrément du côté palestinien. Par exemple, elle fait dire à un de ses personnages : « Avant, on était un peuple sans État ; maintenant, on est un État sans peuple. »

Consulat de France à Jérusalem

« Mardi, 2 octobre   1990. Souper au consulat de France, immense édifice bâti en 1930. Le consul de France a un statut particulier ; il est, à un titre spécial, « protecteur des chrétiens ». Il avait invité les francophones, membres du clergé, résidant à Jérusalem. Nous étions une soixantaine : bénédictins, dominicains, jésuites, séculiers ou simples frères. »

Conversation

« Un sous-produit de mon séjour en « juivitude » aura été de me convaincre (mais ne le savais-je pas déjà ?) que les conversations sont parmi les choses les plus rares au monde, et qu'on n'en trouve pas davantage au bout du monde que chez soi. »

Crise du Golfe

« J'ai eu l'occasion de vivre la crise du Golfe d'un peu près ; j'ai vécu la guerre du Golfe par la médiation des médias, comme tout le monde ; j'ai vu de près le conflit israélo-palestinien. Je voudrais bien que cesse l'oppression des Palestiniens, mais j'ai éprouvé de l'indignation et de la pitié à les voir applaudir les Scuds irakiens sur Tel-Aviv. Je sais trop bien qu'ils rejetteraient les Israéliens à la mer s'ils en avaient le pouvoir. »


D


Défi à relever

« Hormis la menace qui pèse sur son existence même depuis sa création en 1948, le plus grand défi que l'État d'Israël doit relever ces prochaines années, c'est celui de l'immigration massive de la diaspora d'U.R.S.S. »

Défunts

« 2 novembre 1990. Fête de tous les fidèles défunts. Eh bien ! Commençons par un rappel, justement : « Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, 125 conflits armés ont fait environ 22 millions de morts » (Le Monde diplomatique, octobre 90).

 Dignes d’envie! Le sont-ils?

« J'envie ceux qui ne doutent jamais d'eux-mêmes, de leur bon droit, de leurs droits, de leurs opinions, de leur espace vital, bref, de ceux qui sont toujours chez eux partout. Mais ils me hérissent. »

Divisions Nord-Sud. Comment la combler?

« En fait, la division Nord/Sud, dont on parle tant, ne sera pas comblée si le Nord ne décroche pas de son niveau de vie. On n'entend guère ce discours. »


E


Églises et cathédrales

« Le Moyen Âge « énorme et délicat » a bâti des cathédrales qui font partie du patrimoine des peuples où elles se dressent et, au fond, de l'humanité tout entière. Notre-Dame de Paris importe à tout le monde. Le peuple ivoirien et tous les catholiques africains retirent plus de fierté de la cathédrale de Yamoussoukro (200 millions $) qu'ils n'en pourraient tirer des monuments érigés à la gloire de leurs éphémères tyrans. »

États. Leur création

« Au demeurant, la force crée des États de fait qui deviennent des États de droit. Le droit international est à la remorque des faits, et des faits de force. Quand Bismarck disait que la « force prime le droit », il ne faisait pas de morale. Il faisait de la politique. »

Évangile. Me laisser coloniser…

« Dieu sait - et quand j'écris : Dieu sait, c'est une invocation et non pas un cliché - Dieu sait que je veux me laisser coloniser par l'Évangile. Mes « zones de dissidences » sont plus grandes que les zones sous contrôle évangélique. »

Évangile selon saint Luc

« J'ai acheté l'ouvrage de Roland Meynet : L’Évangile selon saint Luc. Dédicace : « À Jean-Paul Desbiens, en souvenir de nos longs échanges quotidiens aux murs de Jérusalem, cet écrit, dans l'espérance de poursuivre l'entretien aux rives du lac Saint-Jean, pour le service de la Parole. »


F


Foi.

« Je développe une « dévotion » au Credo : « (...) est né de la Vierge Marie, a souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort, a été enseveli, est ressuscité. » Dans le Saint-Sépulcre, la prière qui m'est venue spontanément à l'esprit, c'est le Credo. En ce lieu, dans cette ville, sur cette terre, je sentais d'abord le besoin de dire ma foi. »

Foi en question

« Nulle part ailleurs, ne se pose comme ici le problème (la question) de la foi. C'est ici que l'Incarnation et la Rédemption « paraissent » le moins sensibles... Jérusalem (cité de la paix)... Aussi bien, Jésus a pleuré sur cette ville. »

Fribourg

« Je récite un chapelet dans la cathédrale, une des plus vieilles d'Europe. Début de la construction en 1283. Entre un groupe de touristes. Ils ont dû louer les services de l'organiste, car on entend, tout à coup, ronfler l'orgue, un des meilleurs d'Europe, me dit-on. Démonstration de puissance. Au plus fort de la démonstration, on se sent roulé par les vagues sonores. »


G


Gérard Dion.

« J'apprends sa mort aujourd'hui. Il a été un de mes maîtres et un ami. Une référence. Je l'ai vu pour la dernière fois vers le 10 août. Toujours vif, mais la parole de plus en plus embarrassée. Il m'avait dit, parlant de je ne sais plus quoi : « J'ai 78 ans. Gérard Dion, ça n'existe plus. » Voulant dire : « mon temps est fait, mon œuvre est faite, qui s'intéresse encore à Gérard Dion ? »

Guerre et cancer

« On est contre la guerre comme on est contre le cancer. Vienne le temps où il n'y aura plus de cancer ! En attendant, il ne sert à rien d'être contre. Il faut lui faire la guerre. »

Guerre et réalité

« Militia est vita hominis super terram : la vie de l'homme sur la terre est une guerre continuelle » (Jb 7, 1). On se bat pour des épices, on se bat pour du pétrole. On se bat pour des droits acquis, même si ces droits ont été arrachés par ruse ou par force. La guerre fait partie de la réalité, et pas seulement de la réalité humaine. Les maringouins et les hirondelles sont en guerre perpétuelle. La vache et l'herbe également, sans oublier la truite et le pêcheur. »

Guerres perpétuelles en ce lieu du monde. Pourquoi donc?

« On ne peut pas s'expliquer pourquoi on s'est tant battu, et depuis toujours, pour ces quelques milliers de kilomètres carrés. Il est facile de dire cela de loin, dans le temps et dans l'espace. Voltaire disait la même chose, à notre sujet, en parlant de nos arpents de neige. Arpents de neige, arpents de sable. C'est une manière légère de se débarrasser de ce qu'on est incapable de comprendre. »


H


Haine. Sa présence évidente

«Les hommes se haïssent naturellement les uns les autres. Toute conscience veut la mort de l'autre. « Je mets en fait que, si les hommes savaient ce qu'ils disent les uns des autres, il n'y aurait pas quatre amis dans le monde » (Pascal). Vous avez beau faire l'indigné ou le vertueux, c'est ainsi. Si vous ne le voyez pas, c'est parce que vous ne vous écoutez pas, que vous ne vous voyez pas vous-même. »

Haut lieu spirituel

« Jérusalem est le haut lieu spirituel de la terre. Depuis plus de 3 000 ans, sur une superficie d'à peine un km2, des hommes y adorent et prient le Dieu unique, créateur des choses visibles et invisibles. »

Hébreu comme langue

« Roland Meynet me faisait remarquer, hier soir, qu'il n'y a pas beaucoup de peuples qui aient littéralement (c'est le cas de dire « littéralement ») ressuscité leur langue. Les Juifs l'ont fait en Israël. C'est Ben Yéhuda qui a ressuscité l'hébreu comme langue d'usage. Il a vécu à Jérusalem de 1881 à 1922. »

Histoire (1)

« Babel, Babylone, Damas, Égypte, Jérusalem, Jéricho, ces noms, et cent autres, me sont connus depuis mon enfance. J'ai appris l'histoire sainte avant l'histoire du Canada. »

Histoire (2)

« L'histoire est un immense filet tiré par la barque de l'Église. Pris dans les mailles du filet, on est brassé, secoué en tous sens, submergé par les événements, désorienté. Mais le Premier-Né, le pêcheur des hommes, est déjà au port. »

Honorer

« Honorer : donner tout son poids, son importance à un être. Honorer ses parents, père, mère : relation non multipliable. On n'a qu'un père, qu'une mère, tandis qu'on peut avoir plusieurs frères, amis, etc. »


I


Immigration

« Au-delà de 103,000 immigrants (dont 93,000 venant de l'U.R.S.S.) sont arrivés en Israël depuis le début de cette année 1990. Un arrivage de 1,500 immigrants d'U.R.S.S. sont retenus aujourd'hui même dans des lieux de transit d'Europe de l'Est, parce que leur arrivée constituerait une violation du sabbat. »

Injustice

« Il n'y a pas de degrés dans l'injustice, par définition. Ni dans le mépris. La vie, c'est les détails. Si quelqu'un vous offense un peu, c'est parce qu'il est distrait ou impuissant à vous offenser davantage, « retenu » par... par quoi ? On dit : « Si je ne me retenais pas... » Y a-t-il des degrés dans l'amour ? Je suis tenté de répondre oui. Ma raison : le non ferme ; le oui ouvre. »

Intifada et sanction

« Intifada. Pour punir un homme qui a lancé des pierres a une patrouille isaraélienne, l'armée coupe 200 de ses oliviers. Quand on sait qu'un olivier met 25 à 30 ans avant de produire ! »

Israël

« Israël. Superficie : 27 817 km2. Il logerait 60 fois dans le Québec. Il pourrait tenir largement dans la partie de la Gaspésie qui va de Matane à Gaspé. La distance de Jérusalem à Amman est de 80 km ; de Jérusalem à Tel-Aviv, de 60 km. »

Israël et les États arabes

« Les États arabes, qui regroupent présentement plus de 200 millions d'habitants, refusent l'existence même de l'État israélien. On ne peut pas négocier son existence. « Suicide-toi ou je te tue. » Tel est le choix que les États arabes offrent à Israël. »

Israël : État religieux

« L'État israélien, lui aussi, est un État religieux. Mais, au contraire des États arabes (l'Égypte mise à part), Israël est un État démocratique. Certes, le sabbat est une obligation religieuse renforcée par la loi, mais nul n'est tenu de pratiquer la religion juive, d'y adhérer sous peine de mort. L'opposition politique est permise et elle s'exprime, même en matière religieuse. »

Israéliens vs Palestiniens. Quelle solution?

Ma réponse : « Je n'ai pas le goût de répéter le coup du journaliste français qui écrit en trois semaines un volume sur le Québec, après un voyage de trois semaines au Québec. »

Israël, terre crucifiée et crucifiante.

« La tension politique trouve écho durant les cours ! On est une douzaine et on trouve tout à fait moyen de se chicaner : les pro-Palestiniens versus les pro-Israéliens. Les parfaits petits néo-chrétiens aiment les opprimés et les pauvres jusqu'à mépriser celui qui n'est pas de leur opinion (politique). Car il  s'agit d'opinion politique. N'allez pas enlever trente sous à tous ces défenseurs de pauvres ! Vous allez voir où s'arrête la ligne du partage. « Ecce quam bonum, et quam jucundum, habitare fratres in unum. » (Qu'il est bon et délicieux pour des frères d'habiter ensemble !) (Ps 133, 1.)


J


Jéricho

« Jéricho : la ville la plus profonde du monde (400 mètres sous le niveau de la mer) et peut-être aussi la plus ancienne : entre 10 000 et 8 000 avant Jésus-Christ. »

Jérusalem et Rome

« Jérusalem, une ville que l'on se dispute depuis David . Fondée il y a quelque 5 000 ans ! Lu dans le Guide bleu : « Jérusalem, capitale de l'éternité ». On dit aussi de Rome : « La Ville éternelle ». Au fond, il s'agit de la Jérusalem spirituelle. « Elle vient l'heure - et c'est maintenant - où les véritables adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité » (Jn 4, 23). Au demeurant, Rome est exclusivement catholique, tandis que Jérusalem est revendiquée par les trois religions monothéistes.

Jérusalem, la vieille ville

« La vieille ville de Jérusalem est divisée en quatre quartiers : le quartier juif, le quartier chrétien, le quartier musulman et le quartier arménien. D'un côté d'une rue, vous pouvez être en quartier chrétien, de l'autre, en quartier juif ou musulman. Cette première division est une conséquence d'ordre politique. Là-dessus se superpose la division religieuse. Chrétiens, juifs, musulmans adorent, prient un même Dieu. »

Jérusalem : mon choix pour repos sabbatique

« Jérusalem s'est imposée peu à peu, pour les raisons suivantes : Jérusalem est le haut lieu spirituel sur cette planète. Les pèlerinages ne convertissent personne, dit l'Imitation, mais il  reste que séjourner à Jérusalem, c'est, au minimum, se donner un cadre de référence spirituel incontestable. De toute façon, je ne me définis pas comme pèlerin. De plus, Jérusalem est un haut lieu historique : de l'histoire advenue et de l'histoire qui advient. Enfin, à Jérusalem, je peux bénéficier du cadre particulièrement propice du Pontifical Biblical Institute : service religieux, bibliothèque, entourage humain, possibilité de suivre des cours de formation biblique.

Jérusalem. Ses remparts

« La visite des remparts fait partie du programme de formation d'Ecce homo. Notre guide est notre professeur de géographie biblique. Elle vit en Israël depuis 30 ans. Outre ses connaissances archéologiques, géographiques, historiques, elle est à même de faire des raccordements avec l'histoire récente. »

Jérusalem, ville historique

« C'est cette ville que se disputent encore aujourd'hui les fidèles des trois religions monothéistes. Cette ville est le reliquaire du Saint-Sépulcre que se disputent, pied carré par pied carré, les catholiques, les Grecs orthodoxes, les chrétiens arméniens, syriens, coptes, éthiopiens. Le Soleil de l'Absolu diffracté par le cœur des hommes... »

 Jérusalem, ville intense

« Jérusalem, ville intense. La chaleur est intense, les convictions sont intenses, les débats sont intenses, les conflits sont intenses. Y avoir séjourné, ne fût-ce que trois mois, est une expérience intense. Il va de soi qu'une bonne partie du présent journal en porte la trace. »

Jésus

« On ne « trouve » pas Jésus ; c'est lui qui nous trouve. Et malheur (je le dis par antiphrase) à celui qu'il trouve ! « Je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon Nom. » (Actes 9, 16) »

Jésus et l’histoire

« Ce qui est historiquement établi, c'est que Jésus a enseigné et est mort à Jérusalem. Le reste (c'est-à-dire, par exemple : tel lieu précis, telle pierre, tel espace de trois mètres carrés, l'olivier sous lequel il a sué du sang, le tombeau, la pierre d'où il fut emporté au ciel) est objet de vénération, repose sur une tradition bimillénaire, mais n'est pas objet de foi. »

Jésuites : un anniversaire

« Les Jésuites célèbrent cette année, à compter d'aujourd'hui, le 500e anniversaire de la naissance de saint Ignace, et le 450e anniversaire de la première approbation de leurs Constitutions par Paul III. J'ai quelques raisons de souligner l'événement, ne serait-ce que la suivante : il n'y a guère de jour où je ne récite la prière de saint Ignace : « Seigneur Jésus, apprends-moi à être humble et généreux, à te prier sans cesse, à te servir comme tu mérites d'être servi, à combattre sans souci des blessures, à travailler sans chercher de repos, à me dépenser sans attendre d'autre récompense que celle de savoir que je fais ta sainte et adorable volonté. » Prière de prière, désir du désir.

Judaïsme et Islamisme

« Contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'islamisme est autrement plus figé, écrasant, stérilisant que le judaïsme. Mustapha Kemal, le fondateur de la Turquie moderne, lui-même de souche musulmane, disait : « Cette théologie absurde, d'un Bédouin immoral, est un cadavre pétrifié qui empoisonne nos vies. »

Juifs et Palestiniens : recherche d’un lieu où s’établir

« Après l'Holocauste, les Juifs résolurent de fonder leur État. L'histoire et la religion désignaient la Palestine. La terre est grande, mais on ne peut pas imaginer qu'ils auraient pu se bâtir un pays ailleurs qu'en Palestine, même s'ils l'avaient voulu. Qui aurait accepté de leur concéder 50,000 km2 ? »

Juifs, leur histoire

« Il n'y a rien à comprendre à l'histoire des Juifs si l'on ne part pas du fait qu'ils sont le peuple élu. Le peuple que Dieu s'est choisi, à qui il s'est longuement révélé par les Patriarches et les Prophètes. Le peuple de qui est né Jésus, Notre-Seigneur, Abraham, Isaac, Jacob, David, Marie, Jésus, les Apôtres. Telle est la lignée de l'Incarnation et de la Rédemption. 

Justice

Justice : en Occident, ne signifie pratiquement plus qu'égalité. Dans la Bible, juste (justice) signifie : ajusté, vrai (contraire de faux), réel, conforme à la réalité. Dieu est le juste par excellence, la mesure du réel. »


K

L


Langues sémitiques. Particularités

« Les langues sémites sont dites trilitères en ceci que les mots sont formés de trois consonnes. Les voyelles sont prononcées (restituées), mais elles ne sont pas écrites. C'est le lecteur qui doit les placer d'après le contexte. De même en français. Par exemple, si l'on voit bcp ou tjrs, on lit : beaucoup ou toujours. »


M


Marcel Légaut

« Le Monde du 9 novembre annonce la mort de Marcel Légaut, survenue le 6 novembre. Le même jour que la mort de Gérard Dion. Légaut avait 90 ans. J'ai eu la chance de le rencontrer une fois, à Chicoutimi, il y a sept ou huit ans. Je le lisais depuis plusieurs années déjà. Je continue de le faire. Je le fais lire aussi. Il est mort d'une crise cardiaque, dans un train qui l'amenait à  Avignon. On éprouve de la gratitude envers ce genre d’hommes qui ont longuement mené leur enquête solitaire et qui en livrent le fruit aux autres. »

Matthieu et vocation

« Fête de saint Matthieu, 21 septembre.  Quelques fortes réflexions du célébrant, à l'homélie, sur le thème de la vocation. « Jésus vit un homme appelé Matthieu. Et il lui dit : suis-moi. Et il le suivit » (Mt 9, 9). Matthieu ne prend même pas la peine de dire : ce Matthieu, c'était moi. »

Mise en commun

« Qui ne pense à rien, pense à mal » (Saint-Just). On le voit durant les séances de « mimise-en-commun ». La terreur devant celui qui ne dit rien, ou la hargne contre lui. Un  peu senti la chose, l'autre jour, à Ecce Homo, durant une séance « d'évaluation ». Je ne disais rien. Mon voisin me poussait : « Allez, dites quelque chose. » On voudrait bien. Le problème, c'est que bien peu de personnes peuvent supporter un peu de vérité. Ce que l'on veut, c'est l'unanimité cotonneuse, coconneuse ; on veut que chacun pense et sente comme soi. »

Mise en garde

« Écrit sur les boîtes de carton vendues par le service postal israëlien : «Be careful!!!  Dear Citizen - for your security ! Don't open the parcel before checking. Are you expecting a parcel from this address ? If you have any doubt, please advise the employee who will call the Police for aid. - Israel Postal Authority. » C'est imprimé en hébreu, en anglais, en arabe, en blanc sur fond rouge. »

Mosquée d’Omar

« Visite de la mosquée d'Omar, bâtie sur l'emplacement du temple de Salomon. Troisième lieu saint des musulmans (après la Mecque et Médina). « One of the most famous and most impressive architectural achievements in the world.»

Mosquée d’Omar et Saint-Sépulcre

« La mosquée d'Omar confisque la vue. Sur les cartes postales, c'est d'abord elle qui attire le regard. La coupole du Saint-Sépulcre est écrasée par la coupole de Mahomet. Pour identifier le Saint-Sépulcre, du haut des remparts, il faut chercher. Scandale ? Point du tout. Que Mahomet éclipse Jésus, en cette ville même, ne me scandalise pas. C'est dans la logique de « l'échec apparent de la Rédemption », comme disait Léon Bloy.

Mur des signes

« Le mur des signes. Partout où j'ai séjourné, peu ou prou jusqu'à maintenant (Italie, Espagne, Cameroun, Gabon, Bénin, Madagascar, Berlin, etc.), je pouvais toujours déchiffrer les indications courantes, deviner le sens des titres de journaux, comprendre quatre ou cinq mots clés. Mais en Israël, on frappe le mur des signes. »


N


Noël à Jérusalem

« Comme à chaque dimanche, le carillon du Y.M.C.A., le plus gros d'Israël, donne son concert, de 18h30 à 19h00. Ce soir, il joue des airs de Noël : Adeste fideles, The First Noël, etc. The First Noël, nous avions appris ce chant en classe d'anglais, à Valcartier, en 1945. Je ne l'avais jamais entendu avant. « The First Noël the Angels did say, was to certain poor shepherds, in the field as they lay. »


O

P


Parole de Dieu

« La Parole de Dieu - la Bible - n'est pas un théorème. Devant un théorème, on s'assied et on finit par tout comprendre. Après, il n'y a plus rien à comprendre. Devant la Parole de Dieu, il y a toujours davantage à comprendre. Et c'est à moi qu'elle s'adresse. »

Pauvre

« Pauvre : celui qui sait, qui vit sa condition de créature, donc de dépendant de Dieu. Celui qui reçoit tout de Dieu et n'attend rien que de lui. Rapport avec l'argent : l'argent « remplace » Dieu. Avec l'argent, on oblitère sa condition de créature, on se donne de la sécurité, de la santé, de l'amitié. »

Pauvres et riches de partout

« Les pauvres, les humiliés, les écrasés sont l'immense majorité, partout. L'argent, qui est « le sang du pauvre », irrigue le corps des riches. »

Pensée de Dieu

« Dieu ne se laisse pas enfermer dans la Bible, ni Jésus, dans un Évangile. On voudrait comprendre chaque verset, connaître de façon exhaustive la structure de l'Évangile de Luc, par exemple. Bref, on voudrait mettre la main sur la pensée de Dieu. Et c'est Dieu qui met la main sur nous, mais non pas, cependant, sans que nous lui tendions la nôtre. »

Période sabbatique

« Je devais prendre une période sabbatique. Il ne s'agit ni d'un caprice ni d'un luxe (encore que cela demeure un privilège, une grâce) : c'est ma première période sabbatique. Or, il est objectivement vrai que j'en ai fauché pas mal large depuis, mettons, 1960. Il fallait que je prenne un peu de distance, un peu de répit. »

Pharisiens confondus. Mais

« Quand Jésus a dit : « Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu », il a confondu les pharisiens qui lui tendaient un piège. Il les a confondus, mais il ne s'en est pas fait des amis. Et la mère Église, aujourd'hui, a bien de la peine à démêler la querelle entre Ésaü et Jacob. Il ne s'agit plus d'une pièce de monnaie à l'effigie de César ; il s'agit d'une piécette de terre réclamée par deux peuples. »

Pontificat Biblical Institute

« Le Pontifical Biblical Institute : grande maison en pierre, presque carrée. Ressemble à une forteresse. Mur d'enceinte de huit à douze pieds, en grosses pierres. Trois étages. Les plafonds sont très hauts : 14 pieds. Dans le jardin, de magnifiques palmiers et d'autres arbres dont j'ignore les noms, pour l'instant. »

Protection contre gaz empoisonnés

« Un dépliant de 16 pages, distribué dans toutes les maisons, explique comment se protéger en cas d'attaque par gaz empoisonnés : comment utiliser les masques à gaz, comment se laver (bicarbonate de soude), comment constituer des réserves d'eau et de nourriture en conserve (Jerusalem Post, 19-09-1990).

Pudeur et timidité

« La pudeur est un avant-poste qui protège le trésor de l'innocence. La timidité peut venir aussi d'une trop grande présence de soi à soi. Elle se confond alors avec un manque de simplicité. Au demeurant, toute timidité m'est sympathique et toute arrogance me hérisse. »

Pur

Pur, dans la Bible, signifie saint. Une eau pure, c'est une eau transparente, désencombrée, in-altérée ; une eau sans autre...


Q


Question directe

« Évangile du jour : « Et vous, qui dites-vous que je suis ? » (Mt 16,15.) Qui suis-je pour vous ? La réponse doit être : le prisonnier, celui qui est nu, celui qui a faim (cf. ch. 25, 34-46). Voilà qui vous êtes, Seigneur ! »


R


Repas

« Le repas. Être assis, être servi, être en compagnie. La fin du repas n'est pas d'apaiser la faim, mais de permettre la conversation. D'où le non-sens des repas où l'on ne dit rien, ou rien que des bêtises. »

Rions un peu!

« Hier, à table, un jésuite racontait des histoires : « Quand vient le printemps, viennent les hiron...delles ; quand il y a du feu, les pompiers montent leurs é...chelles ; dans la Bible on raconte que Caïn fut tué par A...bel. » Mon voisin tombe dans le piège. »


S


Saint-Sépulcre…Une prière

« À Jérusalem donc, chaque fois que je passe devant le Saint-Sépulcre, très souvent aussi en marchant dans la ville, je récite le Credo pour demander la foi, comme ce père dont parle saint Marc : « Je crois, Seigneur, viens au secours de mon incrédulité » (Mc 9, 24). »

Société. Comment y vivre?

« Il est faux de dire que les « négociations » et autres moyens de dissuasion doux peuvent régler tous les conflits. La force sera toujours l'ultime moyen de permettre, précisément, la vie en société. »

Sympathie envers les Palestiniens

« D'où vient donc la sympathie chrétienne envers les Palestiniens ? Elle vient de la haine des Juifs. L'antisémitisme larvé chez les catholiques est un puissant sentiment. »


T


Terre  promise

« Terre Sainte (terre promise) : premier emploi dans Zacharie : « Yahvé aura Juda, comme sa part sur la Terre Sainte, et il choisira encore Jérusalem » (2, 16). Avec la connotation que là où Dieu se manifeste, là est la Terre Sainte. La Bible est un livre religieux, non un livre d'histoire ou d'histoires. La parole de Dieu s'adresse aux hommes, à l'humanité et non pas exclusivement à l'homme juif. »

Testaments : Ancien et Nouveau

« Pour un chrétien, il est impossible de parler des Juifs en se tenant en dehors de la Révélation ; en dehors du Livre qu'ils ont transmis à l'humanité et que nous appelons l'Ancien Testament et qui est la caisse de résonance du Nouveau Testament. »

Tombeau du Christ

«Kamal et moi,  nous nous sommes donc agenouillés sur le tombeau du Christ. Je ne sais quoi dire… Il me semble que je n'avais aucune émotion. Suis-je trop intellectualisé ? Suis-je sec ? Ai-je même la foi ? J'ai récité le Credo. J'ai dit la prière rapportée dans Mc 9, 24 : « Je crois, Seigneur, viens en aide à mon incrédulité. » - « Credo, Domine, adjuva incredulitatem meam. »

Tour de David

« Visite de la tour de David, incluant le musée de l'histoire de Jérusalem : exhibits et projections audio-visuelles illustrant chaque période de l'histoire : cananéenne, juive, perse, romaine, byzantine, arabe, ottomane, occidentale (Croisés), re-arabe, britannique, re-juive, et j'en oublie. Sur la plus haute tour de la citadelle, vue complète de la vieille ville et de la nouvelle. Il faut plus d'une visite pour absorber autant d'histoire et organiser ses impressions. »


U

V


Vendredi-samedi-dimanche

« Ici, il y a trois jours par semaine pendant lesquels les services, commerces ou consulats sont à horaires variables : vendredi, c'est le dimanche des musulmans ; samedi, c'est le sabbat des Juifs ; dimanche, c'est le sabbat des chrétiens. »

Vêpres de ce jour dans « Prière du temps présent. »

« Pour ces chrétiens divisés, pour les fils d'Israël, pour les musulmans et les hommes de toutes religions, invoquons le Seigneur de vérité. » À Jérusalem, on ne saute pas par-dessus cette invocation... »

Vêpres. Première récitation en Israël…

« Avant de me coucher, je récite Vêpres. Cela fait étrange de lire : Sion, Israël, sur place. On sait pourtant que Jérusalem, Israël, c'est moi et c'est partout. « Jérusalem n'a point disparu pour nous : elle est toute où nous sommes ; et c'est David surtout qui nous l'a rendue présente » (Joseph de Maistre). »

Via Dolorosa

« Via Dolorosa. Ve station : Simon de Cyrène (Lc, 23, 26). Une jeune femme, longue et noire, baise une légère dépression dans la pierre. Selon la tradition, Jésus y aurait appuyé la main. » 

Via Dolorosa et Histoire

« Je visite de nouveau la Via Dolorosa. Notons ici, une fois pour toutes, que ce chemin de croix « is defined by faith, not by history » (Murphy O'Connor). De toute façon, l'histoire comme telle a laissé des traces identifiées et indiscutables. Dans la chapelle dite de la Flagellation, le dallage est d'époque. Sur certaines pierres, on voit le dessin d'un jeu que les soldats jouaient pour « tuer le temps » : un jeu de dés. »

Via Dolorosa et Marie

« À la mort de Jésus, Marie pouvait avoir un maximum de 53-55 ans. On peut difficilement imaginer qu'elle n'ait pas souvent refait la Via Dolorosa. La IVe station commémore la rencontre de Jésus et de sa [66] mère. Un tableau représente la scène : Jean cherche à empêcher Marie de voir l'atroce spectacle. »

Villes du monde : leur classement

«  D'après un certain nombre de critères (sécurité, accessibilité des services, coût de la vie, etc.), Montréal se classe parmi les trois premières villes du monde (avec Melbourne et Seattle) avec un total de 86 « points » sur 100. En queue de liste, Lagos. J'ai passé trois ou quatre heures d'enfer à Lagos, en 1972, entre deux avions.

Visite à la Basilique de la Nativité

« Nous participons à la procession quotidienne des moines (une quarantaine) à la grotte de la Nativité. Belle et pieuse cérémonie. Très beau chant grégorien, dont l'hymne Jesu Redemptor omnium. »

Visite au champ des bergers

« Nous visitons ensuite le champ des bergers qui furent les premiers visiteurs du Nouveau-Né. L'église qui s'y trouve est un don des Canadiens. »

Visite des lieux saints sans émotion

« Je ne m'attendais aucunement à être submergé d'émotions en visitant les lieux saints. Je ne le souhaitais pas. Je suis pourtant surpris de ma froideur, de ma sécheresse. « Unifie mon cœur, Seigneur, pour qu'il t'aime. » (Ps 86, 11)

Visite des lieux saints : ce qu’elle nous apprend surtout

« Le minimum que peut donner la visite des lieux saints, c'est la connaissance concrète, l'expérience des distances, des montées et des descentes. Ainsi, le parcours de ce qu'on appelle « l'entrée triomphale » de Jésus à Jérusalem, le dimanche des Rameaux, est tout autre chose que ce que j'imaginais. Le cortège partit de Bethphagué, passa par la porte dite de Saint-Etienne et, de là, au Temple. Hier, j'ai fait le tiers, environ, de ce parcours. Or, il s'agit d'un parcours de 3 à 4 milles, qui comprend la descente et la remontée de la vallée. La pente est raide, aussi raide que celle du sentier qui mène au Trou de la Fée, sur la Métabetchouan. »

Visite de Yad-Vashem

« Visite du Yad-Vashem (le mont du souvenir des victimes de l'Holocauste. Altitude : 2 644 pieds). Le mémorial consacré aux 500,000 enfants juifs tués par les nazis est impressionnant au-delà de ce que je peux en dire. Une voix d'homme et une voix de femme donnent, alternativement, les noms des jeunes victimes, leur pays d'origine, leur âge, le nom du camp de la mort... »

Vocation

« La vocation n'est pas un produit fini au sens où quelqu'un : a) veut devenir médecin ; b) s'y prépare ; c) est médecin. Dieu  nous forme, nous modèle, à même la vocation qu'il nous donne. »

Voyage et informations

« L'avion est un Airbus 310. On survole les Alpes, l'Autriche, la Yougoslavie, la Grèce, la Méditerranée. Tout le long du vol, un tableau indique la vitesse au sol, la température extérieure, l'altitude, le chemin parcouru depuis le départ. Cet affichage électronique est fort intéressant. On vit le vol d'une façon moins abstraite. Vitesse : 900-930 km/h ; altitude moyenne : 10,000 m ; température extérieure : -43º  à -57º C. »

Voyage et  insécurité

« Voyager, se dépayser, c'est se trouver, pour un temps, dans une situation d'ignorance, donc de dépendance. Ce n'est pas pour rien que l'Écriture (saint Paul notamment) place l'hospitalité si haut. Je ne suis pas dépourvu : physiquement autonome, deux langues et de l'argent à ma disposition, et pourtant, je me sens ligoté ou, pour le moins, insécure. »


W

X

Y


Yom Kippour

« Fête du Yom Kippour : jour de prière et de pénitence pour les Juifs. Tout est arrêté : les services, les autos, les autobus, la radio, la télévision. La vieille ville est bouclée. En 1973, les Arabes avaient profité de cette journée pour attaquer Israël. Israël est bien le seul État au monde à pouvoir décréter sur tout son territoire une fête religieuse aussi étanche. Aujourd'hui, Israël est un couvent en retraite. »

F I N


Retour au texte de l'auteur: Jean-Paul Desbiens, philosophe et essayiste Dernière mise à jour de cette page le jeudi 21 juillet 2011 19:49
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 



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