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L’OFFENSIVE RÉACTIONNAIRE.
États-Unis et France. Un premier bilan.
Quatrième de couverture

L’actuelle équipe au pouvoir aux États-Unis vise une réaffirmation de l’hégémonie économique de l’« Amérique ». La visée exige une dérégulation de secteurs de l’économie, une transformation du marché du travail, une aggravation des inégalités sociales, ainsi qu'une extension du pouvoir exécutif et la réduction des oppositions. Cette réduction implique une lutte contre les élites démocrates, leur soutien institutionnel et leur influence politique et culturelle. Institutions publiques indépendantes du pouvoir (Banque et agences fédérales, voire Cour suprême), institutions gouvernementales (ministère de la Justice) et institutions privées dites libérales (médias, universités, ONG de défense des droits, entreprises) sont ciblées. L’annulation de programmes pluralistes, anti-racistes, égalitaristes, est aussi à l'ordre du jour et permet d’asseoir une légitimité auprès de populations en perte de statut ou défavorisées, majoritairement blanches. Le présent volume décrit ces interventions. Ce sont dans le cas d’entreprises privées l’abolition de programmes antidiscriminatoires, une gestion malthusienne de l'immigration et diverses mesures de rétorsion. Concernant les écoles, collèges et universités, elles consistent en un contrôle du curriculum, une censure extensive d’ouvrages, une réduction des budgets, une annulation de contrats et de subventions, l’imposition de nouvelles normes de recrutement d'étudiants, des atteintes aux libertés d’expression et académique et, point central, le démantèlement du ministère de ('Éducation.
Ces attaques sont accompagnées de discours anti-immigration, anti-minorités, anti-savoir, anti-élites, des rhétoriques connues des populismes de droite en expansion en Europe. En France, un cas décrit dans ce volume, extrême droite et droite dite républicaine développent ces discours, y ajoutant l'intolérance religieuse. Au Québec, se déploie depuis plus de vingt ans un nationalisme hostile à la diversité culturelle et au savoir. Ces faits portent à une question. Sans augurer de l’avenir, quelle serait la capacité de résistance des électorats et des institutions, notamment juridiques et politiques, si les populismes de droite confisquaient le pouvoir comme aux Etats-Unis ? Là, la résistance est forte. Des tribunaux, des gouvernements d’États, des multinationales, des institutions d’enseignement, des élus, des médias et des mouvements citoyens opposent leurs forces au plan trumpiste de destruction d'institutions démocratiques et de programmes égalitaristes.
Denise Helly est professeure à l'institut National de la Recherche Scientifique. Formée en sociologie et anthropologie (PH. D. La Sorbonne), science politique (LE.P. Lyon) et sinologie (ENLOV, Paris), elle s’intéresse aux divers aspects de l’acceptation de la pluralité culturelle. Présentement, elle étudie les litiges concernant la liberté d'expression et la liberté académique des enseignants et des étudiants des campus nord-américains et français.
Couvertures : Cindy Rojas
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