[327]
Yvan LAMONDE
historien, professeur émérite, Université McGill, Montréal.
“L’histoire de la philosophie
au Canada français
(de 1920 à nos jours) :
sources et thèmes de recherche.” *

Un article publié dans la revue Philosophiques, vol. 6, no 2, octobre 1979, Bulletin, pp. 327-339. Société de philosophie du Québec.
- Avant 1920 [327]
Après 1920 [329]
Les moyens d'une politique de recherche [336]
Une recherche sur l'histoire de la philosophie au Québec du dix-septième siècle à nos jours, qui fut limitée pour les besoins d'une thèse à la période 1665-1920 et qui nous a fait bifurquer vers l'histoire socio-économique de la culture préindustrielle et de la culture de masse, est à l'origine de cette note de recherche. Le propos en est essentiellement la communication des sources susceptibles d'identifier des thèmes de recherche, de dégager leur articulation et de documenter l'étude de certains aspects de l'histoire de la philosophie au Canada français après 1920.
Avant 1920

Notre recherche terminée sur L'enseignement de la philosophie au Québec (1665-1920) [1] a porté sur l'enseignement dans les collèges d'enseignement secondaire classique de langue française au Québec avant 1920. L'étude de l'histoire de la philosophie au Québec avant 1920 n'en est pas pour autant un sujet épuisé. Car, lieu privilégié de l'enseignement philosophique jusqu'au vingtième siècle, le collège classique n'en fut pas le lieu exclusif (Tableaux I et II en annexe).
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Pour la période antérieure à 1920, il y aurait lieu d'étudier cet enseignement philosophique dispensé aussi dans les Académies de filles, les Ecoles supérieures, les Écoles normales, les Écoles modèles et les Académies de garçons. De même pourrait-on étendre aux collèges classiques et à d'autres types d'institution scolaire de langue française, à l'extérieur du Québec, l'analyse de l'évolution de l'enseignement de la philosophie, que ce soit à Bytown-Ottawa, à Memramcook ou à Saint-Boniface. Il faut aussi évoquer le milieu scolaire anglophone du Québec : Morrin Collège à Québec, McGill Collège puis University [2] et Loyola Collège à Montréal.
D'autres sujets mériteraient des développements plus poussés que ceux que nous leur avons accordés. De façon globale toute une masse documentaire imprimée, principalement journalistique, attend dépouillement et analyse pour livrer une connaissance plus précise des préoccupations philosophiques hors des collèges entre 1880 et 1920. On peut mentionner à titre d'exemple la Revue canadienne (1864-1925). Enfin, les dimensions sociales de la philosophie au Québec entre 1880 et 1920 ressortiraient encore davantage de biographies minutieuses de l'abbé Baillargé [3], de l'abbé Stanislas-Alfred Lortie [4], de Mgr Eugène Lapointe [5].
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Après 1920

La fondation et la lente organisation de facultés universitaires de philosophie constituent le phénomène important de l'histoire de la philosophie au Québec et au Canada français après 1920. Cette histoire de la philosophie universitaire est déjà amorcée et on aura noté le privilège accordé jusqu'à maintenant à une analyse interne des facultés [6] qui a fait apparaître sa richesse et ses limites.
Le poids numérique des hommes professeurs et étudiants dans les institutions est mal connu [7], de même que l'évolution de l'organisation des facultés qui destinent lentement et tardivement à leurs étudiants à temps partiel ou à plein temps un enseignement de jour et non plus simplement du soir. Cette analyse jetterait quelque lumière sur la provenance sociale et la destination professionnelle de ces étudiants universitaires de philosophie. L'étude des corps professoraux passe certes par celle des grands doyens (C.-M. Forest, L. Lachance, par exemple), mais surtout par celle des professeurs, de leurs études ici ou à l'étranger [8], de leurs publications et de leur collaboration à des sociétés de philosophie, de leur lente laïcisation, question cruciale dans l'évolution de l'enseignement philosophique universitaire tout comme dans l'évolution de l'éducation secondaire classique, comme l'a montré Claude Galarneau [9]. Cette lente laïcisation est certes [330] aussi fonction d'un professorat religieux où les différentes communautés religieuses jouent un rôle spécifique et important, comme on le verra. Autre aspect prioritaire : le démembrement institutionnel de la faculté de philosophie qui fut souvent à l'origine du développement des sciences sociales et de la psychologie au niveau universitaire. Cet éclatement de la philosophie eut ses signes et ses causes au plan institutionnel, mais aussi dans l'évolution de la formation sociale, comme l'a étudié Marcel Fournier [10]. La crise de la philosophie et des sciences humaines a aussi son histoire. Ces aspects généraux de l'évolution de l'enseignement philosophique universitaire n'épuisent pas les possibles ; ils indiquent plutôt des objets nécessaires d'une histoire institutionnelle qui n'est par ailleurs ni la seule ni la meilleure, mais peut-être la première dans une perspective empirique [11].
Les facultés de chacune des universités présentent des aspects spécifiques dont l'histoire s'impose si l'on tient compte ici de la disponibilité des sources. Celles-ci rendent plus facile la biographie de certains professeurs de la Faculté de Philosophie de l'Université de Montréal : les Dominicains C.-M. Forest, L. Lachance, L.-M. Régis, M. Hermas Bastien [12] et M. Damien Jasmin [13]. L'Institut d'Études médiévales qui a en [331] quelque sorte placé le Canada et le Québec sur la carte philosophique du monde [14] requiert une histoire compte tenu de ses archives, de ses visiteurs et de ses publications. De même l'Institut de Psychologie [15], l'Institut d'Études familiales, la contribution du Franciscain Gonzalve Poulin et les Départements de Sciences sociales.
La Faculté de Philosophie de l'Université Laval, peut-être plus homogène intellectuellement que celle de l'Université de Montréal, participe à une longue tradition de vie universitaire [16] et de thomisme. Sa lente évolution d'un thomisme à un pluralisme a été marquée par certains professeurs dont on a conservé des archives : Arthur Robert, Wilfrid Lebon, Charles de Koninck, Emile Simard [17]. À Laval aussi, on a connu cet éclatement de la philosophie en psychologie « rationnelle » et expérimentale [18] et en sciences sociales « profanes ».
Passant outre aux Facultés et aux Départements de philosophie francophones récents (Sherbrooke, Université du Québec) et anglophones (McGill, Bishop's, Concordia) du Québec, il faut évoquer la richesse des sources [19] sur la Faculté [332] de Philosophie de l'Université d'Ottawa où la contribution des Oblats fut marquante : Père Georges Simard, Cardinal R.-M. Villeneuve.
Si l'enseignement philosophique universitaire apparaît après 1920, l'enseignement secondaire classique se poursuit dans des collèges anciens et nouveaux, masculins et féminins, et dans cette nouvelle institution urbaine, et de plus en plus laïque, que fut « l'externat » classique [20]. Cet enseignement philosophique collégial relève depuis 1920 de deux Facultés des Arts de plus en plus actives [21] et se donne principalement avec des « manuels » nouveaux : ceux de Grenier (1937), de Fillion (1937) [22], des Jésuites Fontaine (1928) et Dubois (1929-1930), jusqu'à ce que la Commission Parent (1964) vienne amorcer de nouveaux changements avec la création des collèges d'enseignement général et professionnel (CEGEP).
Enfin d'autres types d'institution scolaire, dont les Écoles normales, dispensent un enseignement philosophique auquel sont associés certains noms : ceux des abbés A. Robert, Sylvio Corbeil, L.-E. Otis [23].
L'histoire de l'enseignement philosophique doit enfin inclure d'autres lieux : les institutions de formation philosophique (« philosophats ») de certaines communautés religieuses. Ces dernières sont souvent présentes dans l'enseignement des universités. Les Dominicains [24] ont sans doute été les plus [333] présents du moins à Montréal dans l'enseignement philosophique universitaire, à la Faculté même ou à l'Institut d'Études médiévales. Les membres (Forest, Lachance, T.-M. Rouleau, Mailloux, Voyer, Régis, par exemple) et les publications [25] de l'Ordre témoignent de ce dynamisme depuis leur arrivée au Canada en 1873.
Si l'on connaît bien, grâce aux travaux des Pères Patrice Robert et Edouard Parent, la contribution franciscaine (Pères E. Longpré, M.-A. O'Neill, L.-M. Puech, A. Ledoux, D. Laberge, V. Doucet) à la philosophie médiévale [26], on ignore encore la réaction du milieu québécois au mouvement scotiste vers 1905 (Frère Ignace-Robert) et la production franciscaine au fil des revues : Studium (principalement vol. 1, no 4), Nos Cahiers (1936-1940), Culture (1940-1971).
La formation et la contribution philosophiques des Jésuites ont fait l'objet de deux articles [27]. Si la philosophie dans les revues des Jésuites [28] constitue un domaine à explorer, l'intérêt des Jésuites pour la pensée et l'action sociales s'avère un sujet riche en documentation et en importance du point de vue social [29].
Ce milieu universitaire contribue à l'organisation d'un milieu philosophique para-universitaire qui stimule aussi l'activité et la production des professeurs. C'est le cas des sociétés [334] culturelles et philosophiques : l'Académie canadienne-française St-Thomas d'Aquin [30], les Sociétés de Philosophie de Québec et de Montréal qui participent aussi aux travaux de l'ACFAS qui publie ses Annales (1935- ), le Club musical et littéraire et la Société d'études et de conférences qui publient leurs travaux, et le méconnu Centre catholique des intellectuels canadiens qui regroupe universitaires et philosophes religieux et « laïcs » [31]. C'est le cas aussi de revues et de journaux : L'Action catholique, Le Devoir (1910- ), Le Jour, Notre temps, Amérique française (1941-1964 ?), Radio-Collège (1941-1958), Nouvelle Revue canadienne (1951-1956). C'est le cas encore de l'édition et de la librairie [32].
Puis la guerre et l'après-guerre bouleversèrent les milieux culturels, intellectuels et philosophiques québécois. C'est dans ce contexte qu'il faut situer l'intérêt et les travaux de Roland Houde sur Jacques Maritain, sur le Refus Global [33], et ceux du Père Jean Langlois sur « Le mouvement automatiste et la philosophie contemporaine au Québec » [34]. Lorsqu'on disposera d'une histoire de ce qui fut et de ce qui est vivant de la « phase canado-américaine » des Maritain qui sera intégrée à une histoire du milieu culturel québécois des années 1930 à i960, on pourra enfin mieux comprendre la signification de cette présence philosophique libératrice de Maritain au moment où d'autres libérations (Refus Global) s'opèrent [35]. À ce [335] titre, l'influence d'Emmanuel Mounier sur l'engagement de certains intellectuels commande tout autant une étude que celle d'Etienne Gilson dans les milieux d'érudition [36].
C'est un truisme : l'histoire de la philosophie au Québec et au Canada ne peut pas passer à côté du projet et de la réalisation d'une histoire culturelle et intellectuelle, principalement de la période de l'après-crise (1930). L'histoire littéraire en a placé les premiers jalons, particulièrement en ce qui concerne l'étude de l'essai et des essayistes [37], parmi lesquels on trouve parfois quelques philosophes qui ont consenti à passer de l'en-soi au pour-soi ! Comment ne pas évoquer François Hertel [38] qui, entre autres, nomma « leur inquiétude », André Dagenais qui anima, par exemple, les Cahiers de la Nouvelle France ?
Certains francs-tireurs mériteraient l'attention : Marcel Clément [39] et Yves Simon [40], présents au Québec à divers titres et à divers moments de leur vie. Francs-tireurs québécois aussi, souvent engagés dans la « question sociale » et la dénonciation « d'hérésies » : le chanoine Jean Bergeron [41], Mgr Léonce [336] Boivin [42], l'abbé Jean-Baptiste Gauvin [43], le Sulpicien Jean-Baptiste Desrosiers auteur d'ouvrages en théologie et en philosophie morale.
Enfin, il convient de souligner ce fascinant sujet de recherche que constitue l'histoire de la perception du communisme au Québec, depuis 1917 principalement [44] ; une telle recherche expliquerait plus avant la jeunesse d'une tradition socialiste et d'une tradition marxiste au Québec.
Les moyens d'une politique de recherche

Ce passage dans la « contingence » des sources et de la recherche monographique est, bien sûr, le prix de l'accès à l'histoire. Ceux qui sont passés par « l'histoire » de la philosophie « universelle » soupçonneront que les réserves de certains à l'égard de la philosophie canadienne et québécoise tirent pour une bonne part leur origine de ce manque criant de dimension historique d'une certaine formation universitaire. Car, pourquoi tout consentement à l'espace et au temps devrait-il être qualifié de nationalisme étroit ? Une telle qualification ne serait-elle pas un aveu, celui d'une défense, consciente ou non, d'impérialismes hérités dont la critique est difficile ?
La contingence des sources et de la monographie rend seule possible une première histoire institutionnelle de la philosophie. Histoire institutionnelle qui oblige certes à se voir dans ses déterminations, mais qui n'est pas la forme unique du travail historique. Le rappel de grandes traditions de recherche historique inaugurées par des philosophes celle par exemple de Lovejoy et du Journal of History of Ideas suggère à lui seul la contribution réelle des philosophes à l'histoire des idées quelle qu'en soit l'appellation définitive. Et [337] au moment où la Société royale du Canada propose à ses membres une histoire culturelle du Canada, où s'organise une Société canadienne d'histoire intellectuelle et culturelle et où l'historiographie culturelle canadienne et québécoise livre des travaux de plus en plus substantiels, il n'apparaît surtout pas oiseux et inconséquent que des philosophes discernent un présent et un avenir dans leurs travaux en histoire des idées.
On a déjà suggéré le défi à ces Nord-Américains que nous sommes : joindre à une conscience déjà forte de l'espace une conscience tout aussi forte du temps. Une histoire intellectuelle du Québec de l'après-crise ou de l'après-guerre qui conférerait une profondeur historique au temps présent remplirait un tel objectif en rendant plus difficiles les demi-vérités et les mythes de quelque pouvoir ou de quelque dogmatisme.
Encore faut-il se donner les moyens de sa politique. Le Centre d'études en philosophie canadienne de l'Université d'Ottawa est l'un de ces moyens ; la cueillette d'archives manuscrites et orales, la production de bibliographies et l'organisation de colloques en constituent certaines des étapes. La création collective d'autres instruments s'impose.
Par exemple, une bibliographie philosophique canadienne annuelle que le Centre pourrait produire sur le modèle de la bibliographie historique québécoise annuelle de l'Institut d'Histoire de l'Amérique française. L'évidence du besoin dispense d'insistance. On peut penser aussi à une bibliographie ou à une revue analytique de la littérature sur la question des « philosophies nationales » ; une meilleure connaissance des écrits méthodologiques et théoriques sur la question, tout comme des monographies d'histoires de philosophies nationales (Mexique, Pologne, Autriche), permettraient de dé-dramatiser à tout le moins cette phobie du « nationalisme » et de procéder par comparaison. On peut encore espérer une bibliographie ou une revue analytique de la littérature sur l'histoire culturelle et intellectuelle du Canada et du Québec depuis 1930 ; un tel instrument éviterait aux chercheurs des recommencements individuels de la tâche, tout en donnant des paramètres de départ.
Centre d'études canadiennes-françaises
Université McGill
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TABLEAU I.
Nombre d'élevés apprenant la philosophie intellectuelle et morale,
collèges classiques et industriels, et % sur le nombre total d'élevés
étudiant la philosophie, Bas-Canada et Québec (1836-1885)

Moyenne : (58,8%)
Source : Rapport du Surintendant de l'Instruction publique (1856-1885). Données souvent disponibles aussi pour chaque collège.
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TABLEAU II
Pourcentage, selon les types d'institutions scolaires, des élèves apprenant
la philosophie intellectuelle et morale, Bas-Canada et Québec (1856-1882)

Source des données numériques : Rapport du Surintendant de l'Instruction publique (1856-1882).
* Texte d'une communication faite au colloque sut la philosophie au Canada (9-10 mars 1979), organisé par le Centre d'étude de la philosophie canadienne de l'Université d'Ottawa.
[1] Ph. D. (Histoire), Université Laval, 1978, 272 p. (Sous presse.)
[2] Au sujet de McGill : archives de l'Université, Annuaires, Rapport du Surintendant de l'Instruction publique et David Fate Norton (McGill) « The Scottish Enlightment Exported : John Clark Murray (1836-1917) », communication présentée à Frédéricton, 1977 ; Arpi Wray, A Guide to McGill University Calendars for the Academic Years 1855-54 to 1975-76, Montréal, McGill University Archives, 1977, 111-188 p.
[3] Réjean Olivier, Vie de l'abbé Frédéric-Alexandre Baillargé, notre polygraphe québécois (1854-1928), Joliette, Édition privée, 1977, 110 p.
[4] Voir la bibliographie de notre thèse citée plus haut ; particulièrement ses contributions au journal L'Action sociale (1907- ) qu'il fonde et ses activités à la Société d'économie sociale et politique.
[5] Archives de la Société historique du Saguenay et de l'Évêché de Chicoutimi ; Michel Têtu, « La Fédération ouvrière mutuelle du Nord », Relations industrielles, 17, 4 (octobre 1962), p. 402-421 ; Raymond Desgagné, « Éloquence religieuse. Mgr E. Lapointe (1860-1947) », Saguenayensia, 4, 6 (novembre-décembre 1962), p. 135-139 ; Jean-Claude Drolet, « Mgr E. Lapointe, initiateur du syndicalisme catholique en Amérique du Nord », Rapport de la Société canadienne d'histoire de l'Église catholique, 33 (1966), p. 47-56 ou Saguenayensia, 8, 5 (septembre-octobre 1966), p. 100-106 ; J.-C. Drolet, « L'œuvre sociale de Mgr E. Lapointe », Saguenayensia, 13, 1 (janviet-février 1971), p. 22-27 ; Robert Parisé, Le fondateur du syndicalisme catholique au Québec : Mgr Eugène Lapointe. Sa pensée et son action syndicale, Montréal, P.U.Q., 1979, 80 p. Pour une bio-bibliographie de l'abbé J.-B. Gauvin, Douglas Lockhead, Bibliographie des bibliographies canadiennes /Bibliography of Canadian Bibliography, index de P. Greig, Toronto, TUP, 1972 (2e édition), #1491. Lockhead complète Chalifoux qui localise des microfilms de ces bio-bibliographies : J.-P. Chalifoux, Bio-bibliographies et bibliographies, Québec, Bibliothèque nationale, 1970, 60 p.
[6] André Vidricaire er collaborateurs, Matériaux pour l'histoire des institutions universitaires de philosophie au Québec, Québec, U. Laval, Institut supérieur des Sciences humaines (Études sur le Québec, #4), 1976, 2 tomes ; Benoît Lacroix et Yvan Lamonde, « Les débuts de la philosophie universitaire à Montréal. Les Mémoires du doyen Ceslas Forest, O.P. », Philosophiques, III, 2 (octobre 1976), p. 55-79 ; Rolande Houde, Pour l'histoire de la philosophie au Québec ou anarchéologie du savoir philosophique ou réflexions méthodologiques pour une histoire de la philosophie québécoise, Montréal, Société de philosophie de Montréal, 1976, 69 p. (miméo) ; C. Panaccio et P.-A. Quintin (éditeurs), Philosophie au Québec, Montréal-Paris-Tournai, Bellarmin et Desclée, 1976, 263 p.
[7] Voir les archives des universités et, par exemple, Annuaire statistique du Québec, 1950, p. 196.
[8] Tâche ardue de répertoire de thèses soutenues à l'étranger (Rome, Fribourg, Louvain, Lille, par exemple) et d’interviews. Opinions (1929-1934), la revue des « retours d'Europe » apporterait-elle des renseignements ? Sur cette question des « influences » sur les professeurs de philosophie, voir Louis Rousseau et P. Partipian, La théologie québécoise contemporaine (1940-1973) : genèse de ses productions et transformations de son discours, Québec, U. Laval, Institut supérieur des Sciences humaines, (Études sur le Québec, #8), 1977, 162 p.
[9] Les collèges classiques au Canada français (1620-1970), Montréal, Fides, 1978, 287 p.
[10] « L'institutionnalisation des sciences sociales au Québec », Sociologie et sociétés V, 1 (mai 1973), p. 27-59 ; « Histoire de la philosophie au Québec et intérêts sociaux des philosophes », dans Matériaux pour l'histoire des institutions, op. cit., tome II, p. 46-56 ; « Les conflits de discipline : philosophie et sciences sociales au Québec 1920-1960 », dans C. Panaccio et P.-A. Quintin, op. cit., p. 207-236.
[11] Les sources générales de l'histoire de la philosophie universitaire se trouvent dans les archives des universités et de certaines communautés religieuses, dans les Annuaires des universités et des facultés, dans les revues universitaires, philosophiques ou d'ordres religieux, dans les publications des professeurs, dans les thèses ... et dans des sources orales à cueillir. Sur les dépôts d'archives, Guide des sources sur le Canada français au Canada, Ottawa, Archives publiques du Canada, 1975, V-195 p. et Guide sommaire des archives des communautés religieuses, Ottawa, Conférence religieuse canadienne, 1974, 220 p. MM. Léon Lortie et Philippe Sylvain préparent respectivement une histoire de l'Université de Montréal et de l'Université Laval.
[12] Sa bibliographie se trouve dans son ouvrage Ces écrivains qui nous habitent, Montréal, Beauchemin, 1969, pp. 193-227 ; Bibliothèque nationale du Québec, Département des manuscrits ; voir aussi l'Inventaire analytique du fonds Thomas-Greenwood (p.20), Université de Montréal, Service des archives (#36), 1978.
[13] Voir l'index de Notices en langue française du Canadian Catalogue of Books. 1921-1949, avec index établi par H.B. Boivin, ministère des Affaires culturelles, Bibliothèque nationale du Québec, 1975, XII, 263 p. et index, pour certaines publications de cet avocat-philosophe et censeur (communisme, Témoins de Jéhovah), Lockhead, op. cit., #2210.
[14] Pour un aperçu, A.-M. Landry, « La pensée philosophique médiévale. Contribution canadienne (1960-1973) », Philosophiques, I, 2 (octobre 1974) p. 111-139.
[15] En plus des archives, des annuaires et des interviews : Revue de psychologie (1946-1952) et Y. Lamonde, Historiographie de la philosophie au Québec, (1853-1971), Montréal, HMH-Hurtubise (Cahiers du Québec, #9), 1972, p. 39, note 69.
[16] Perceptible au niveau des revues universitaires : La Nouvelle-France (1902-1918), Le Canada français (1888-1891, 1918-1946), La Revue de l'Université Laval (1946-1965), Laval théologique et philosophique ( 1945- ) Ad usum sacerdotum ( 1947-1959).
[17] Archives de l'Université Laval : fonds Charles de Koninck (inventorié) et bibliographie publiée de celui-ci par Armand Gagné, fonds Emile Simard. Archives du Séminaire de Québec. Archives du collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière : fonds Wilfrid Lebon. Pour des bio-bibliographies de l'abbé Arthur Robert, de M. Jacques de Monléon et aussi de l'abbé P.-E. Gosselin et de Mgr Antonio Camirand, Lockhead, op. cit., #2201, 2244, 1489, 1458, 2133.
[18] Marie-Germaine, Psychologie rationnelle au Canada français. Bibliographie (1945-1963). Préface de M. Marie-Lucienne, U. Laval, École de bibliothéconomie, 1964, 60 p.
[19] Grâce à l'organisation des archives historiques oblates et au travail admirable du père Gaston Carrière, philosophe-archiviste, auteur d'une bibliographie du Cardinal Villeneuve et d'articles sur ses travaux. On y trouve une thèse de E. Marcotte, qui date toutefois, sur les Oblats et la philosophie. Voir Revue de l'Université d'Ottawa (1931- ). Au sujet de la Société thomiste, archives du Séminaire de Trois-Rivières, fonds Jean-Paul Trudel et Le Droit, bien sûr ; au sujet des pères G. Simard et G. Carrière, Bibliographie des professeurs oblats des Facultés ecclésiastiques de l'Université d'Ottawa, tiré-à-part, Revue de l'Université d'Ottawa, 1962, 54 IX p. et Lockhead, op. cit., index.
[20] L'étude générale fondamentale est celle de Claude Galarneau, déjà citée. Voir les archives des collèges et leurs Annuaires (Collection Bibliothèque nationale du Québec).
[21] Archives des Facultés des arts de l'Université de Montréal et de l'Université Laval ; à Laval, particulièrement, Registre des délibérations (1863-1959) de la Faculté des arts ; publications {Annuaires, comités permanents) ; revue L'enseignement secondaire au Canada (1915- ) ; C. Galarneau (p. 71, 113-120, 123 et passim) cite des mémoires importants au sujet de l'évolution des programmes de philosophie ; François Charbonneau, Normand Lacharité, André Vidricaire, Les professeurs de philosophie des collèges du Québec, Québec, ministère de l'Education, Direction de l'enseignement collégial, 1972, 4 volumes.
[22] Sœur Marie-de-St-Didier (Sr du Bon Pasteur), Bibliographie de Mgr H. Grenier, U. Laval, thèse de bibliothéconomie, 1948. Copie chez l'auteur, 2550, Chemin Gomin, Ste-Foy. Voir archives du Séminaire de Québec, de l'Archevêché, de l'Université Laval.
[23] Marthe Plourde, Bio-bibliographie de M. l'abbé L.-E. Otis, Université Laval ; thèse de bibliothéconomie, 1964, 35 p.
[24] Archives dominicaines (Montréal, St-Hyacinthe, Ottawa) ; on trouve aux archives de Montréal une bibliographie dominicaine sur fiches ; voir les travaux historiques du Père Antonin Plourde sur l'Ordre ; le numéro spécial de la revue Communauté chrétienne (1973), et Lockhead, op. cit., aux noms de D.-S. Gauthier. T.-A. Audet, L.-M. Régis. C-M. Forest, A.-M. Monette, T.-M. Charland, N. Mailloux, R.-M. Voyer.
[25] Les revues : Le Rosaire (1895-1914), la Revue Dominicaine (1915-1961), Maintenant (1962-1975) ; les collections philosophiques, les Editions du Lévrier. Sur l'importante revue des Dominicains français : Yvon Tranvouez « La fondation et les débuts de la Vie Intellectuelle (1928-1929) », Archives des Sciences sociales des religions, 42 (juillet-décembre 1976), p. 57-96.
[26] Patrice Robert, « Les Franciscains canadiens et les études médiévales », Chronique franciscaine du Canada, Il (mai 1941), p. 59-100 ; E. Parent, Mémorial Longpré-Doucet. Sur des aspects du thomisme et du scotisme, voir la polémique entre le Cardinal Villeneuve et le P.E. Longpré dans Le Droit (25 novembre, 5 et 9 décembre 1927) et les journaux de l'époque.
[27] Jean Langlois, « La Faculté de Philosophie des Jésuites, 1940-1971 », Matériaux pour l'histoire. ... op. cit. p. 171-186 ; Guy Bourgeault, « La Faculté de Philosophie de l'Immaculée-Conception », Lettres du Bas-Canada, XI 3-4 (septembre-décembre 1957), p. 175-179, et Lockhead, op. cit., sur le père Tremblay (#769).
[28] Relations (194 1- ), Collège et Famille (1944-1969), Sciences ecclésiastiques (1948-1967) suivi par Science et Esprit ( 1968- ).
[29] Bien sûr, l'École sociale populaire et les Semaines sociales mieux connues, mais surtout cet Institut Pie XI qui publie Nos cours (1939-1940) dont une collection se trouve à la bibliothèque de l'Université du Québec à Montréal. (Collection Lamonde). Ces Cours constituent une somme sur la philosophie et les questions de l'heure (par exemple le communisme).
[30] Jean-Paul Brodeur, « De l'orthodoxie en philosophie », Philosophiques III, 2 (octobre 1976), p. 209-253 ; Roland Houle, « À Propos (Réflexions) », Philosophiques V, 1 (avril 1978), p. 151-154.
[31] Le Centre a public les travaux de certaines sessions annuelles, par exemple : Croire et Savoir (1951), Mission de l'Université (1952), Intégration chrétienne du savoir ( 1953).
[32] Une analyse de Lectures (1946- ) serait de ce point de vue intéressante. Archives des Éditions Fides.
[33] Roland Houde, « Biblio-tableau : Borduas, objet ou sujet », dans Philosophie au Québec, op. cit., p. 179-205 ; « Documentation » pour l'étude des « conditions » de cette étude. Climat canadien ou canadien-français. 1920-1945, document dactylographié, (Trois-Rivières, 1975, s.p.).
[34] Science et Esprit, 25 (1973), p. 227-253.
[35] Roland Houde, « Mort du philosophe, vie de la philosophie. Jacques et Raïssa Maritain au Québec », Relations #383 (juin 1973), p. 166-168 ; #384 (juillet-août 1973), p. 214-217. Témoignages de Vianney Décarie, Le Devoir, 3 mai 1973 ; Guy Cormier, La Presse, 1er mai 1973 ; l'Institut international Jacques-Maritain a été créé à Ancône en 1975. Pour élaborer une stratégie de recherche sur l'histoire intellectuelle après 1930, on recourra aux publications issues du projet de l'Institut supérieur des Sciences humaines sur « Les mutations de la société québécoise après 1940 », à René Dionne, Situation de l'édition et de la recherche (littérature québécoise ou canadienne-française), Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française (Documents de travail #18), 1978, 182 p., et aux différents répertoires de chercheurs (historiens, politicologues, sociologues, historiens de la littérature et de l'art).
[36] Pour des bibliographies de Mounier et de Gilson au Québec, [Bibliographie de la philosophie canadienne 1867-1967], Manuscrit, par Roland Houde et collaborateurs ; Étienne Gilson, philosophe de la chrétienté, Paris, Éditions du Cerf (Rencontres #30), 1949, 295 p. ; Albert Béguin, « Les leçons à tirer de l'affaire Gilson » Le Devoir, 30 avril 1951 ; Aline Goutrot, Un courant de la pensée catholique. L'hebdomadaire « Sept » (1934-1937). Préface de René Rémond, Paris, Éditions du Cerf (Rencontre #61), 1961, 334 p. ; Association des Amis d'Emmanuel Mounier et Bulletin, 19, rue d'Antony, 92290 Châtenay-Malabry, France.
[37] Pour les études de Maurice Lebel, Jean Marcel, Robert Vigneault, Fernand Dorais, voir Pierre Cantin, Normand Harrington et Jean-Paul Hudon, Bibliographie de la critique de la littérature québécoise dans les revues des XIXe et XXe siècles, Ottawa, Centre de recherche en civilisation canadienne-française (Documents de travail # 12), 1979, tome I, p. 134-135 ; Jean Langlois, « Une lecture de la philosophie québécoise », Critère (septembre 1972), p. 373-388) ; Laurent Mailhot « Aux frontières (à l'horizon) de l'essai québécois », La Nouvelle Barre du Jour 6} (1978), p. 69-86 ; on comprendra l'intérêt documentaire et méthodologique de cette Bibliographie critique de la littérature pour un inventaire de la réaction aux publications de philosophes québécois et étrangers dans les périodiques québécois.
[38] Lockhead, op. cit., # 1495 ; Bibliographie de la critique, op. cit., tome 4, p. 63 1-632.
[39] Lockhead, op. cit., #2039.
[40] Paule Simon, « The papers of Yves R. Simon », New Scholasticism, 37 (1963), p. 501-507 ; A.O. Simon, « Bibliographie de Yves René Simon 1923-1968 », Revue philosophique de Louvain, 67 (mai 1969), pp. 285-305.
[41] Raymond Desgagné, « Littérateurs saguenéens : M. le Chanoine Jean Bergeron (1868-1956) », Saguenayensia, 7, 2 (mars-avril 1965), p. 35-38.
[42] Raymond Desgagné, « Littérateurs saguenéens : Mgr Léonce Boivin (1885-1956) », Saguenayensia, 7, 1 (janvier-février 1965), p. 6-9 ; voir aussi archives de l'Évêché de Chicoutimi.
[43] Lockhead, op. cit., #1975, 2030.
[44] À titre indicatif, Marcel Fournier, étude sur le Parti Communiste au Québec, à paraître aux Éditions Albert Saint-Martin ; Stratégie, (1977), numéro spécial sur le communisme ; index de Notices en langue française, déjà cité ; collection Lamonde, bibliothèque de l'Université du Québec à Montréal et Jean-Claude St-Amant, « La propagande de l'Ecole sociale populaire en faveur du syndicalisme catholique 1911-1949 », Revue d'histoire de l'Amérique française, 32, 2 (septembre 1978), p. 203-228.
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