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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Michel Pichette, Briser le silence social du public (1992)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Michel Pichette, Briser le silence social du public”. Un article publié dans l'ouvrage sous la direction de Nancy Thede et Alain Ambrosi, Petits écrans et démocratie. Video légère et télévision alternative au service du développement, pp. 147-152. Paris: Syros-Alternatives, Vidéo Tiers-monde et Vidéazimut, 1992, 273 pp. Collection: Ateliers du développement. [Autorisation accordée par l'auteur le 2 mai 2006 de diffuser ce texte dans Les Classiques des sciences sociales.]

Introduction

On le sait, la majorité de la population adulte consacre chaque semaine plus de vingt-trois heures (en moyenne) de son temps libre devant l'écran du téléviseur domestique. Dans le cas des jeunes, le temps qu'ils consacrent à la télévision totalisera plus d'heures que celles qu'ils auront consacrées à l'école et à leurs travaux scolaires au terme de leurs études secondaires. 

Il est étonnant de constater combien nous sommes encore socialement silencieux devant ce phénomène massif de consommation et combien nos outils pour le traiter restent encore fort limités. Cela fait plus de trente années que la télévision s'est installée dans nos vies. Nous vivons avec elle à la manière d'un vieux couple usé par l'habitude. La télévision est là, mais d'une certaine façon nous ne la voyons plus. Nous la laissons nous parler et nous montrer plein de choses parmi lesquelles nous essayons de choisir entre des produits qui se ressemblent de plus en plus. La télévision s'est imposée comme une grande nébuleuse à l'intérieur de laquelle nous nous replions tous les jours, solitaires, guidés par le mouvement de baguette des maîtres du cirque qui l'animent. Et, dans tout cela, nous nous retrouvons saturés d'informations et d'émotions, de désirs de l'autre inassouvis et remplis d'images et de sons ; laissés à nous-mêmes pour en faire la digestion, la vidange et la gestion. Insaisissable télévision. Insaisissable téléspectateur. 

D'une façon générale, les débats et les actions alternatives dans le paysage de la télévision se font en l'absence de la prise en compte du « point de vue » des téléspectateurs et des téléspectatrices. Faute d'avoir développé les moyens de bien connaître ce qui se passe dans la relation personnelle qu'entretiennent les téléspectateurs avec le petit écran et, surtout, à force de ne regarder la télévision qu'à partir du seul « point de vue » de ce qu'elle émet, on s'est privé non seulement de connaître les effets de sa présence dans la culture quotidienne de nos sociétés mais surtout de trouver les pistes qui nous permettraient de définir un « projet social de la télévision » comme on est parvenu à le faire pour l'éducation et la santé. Plus encore, on s'est privé de moyens de développer des outils de parole et de pouvoir chez les téléspectateurs.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mercredi 11 avril 2007 12:01
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 



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