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Collection « Les sciences sociales contemporaines »
Tertiarisation et division du travail: les multiples visages des cols blancs (1991)
Introduction
Une édition électronique réalisée à partir du texte de Mme Céline Saint-Pierre, sociologue, Tertiarisation et division sociale du travail: les multiples visages des cols blancs . Un article publié dans la revue Sociologie et sociétés, vol. 23, no 2, automne 1991, pp. 169-181. Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal. [Autorisation accordée par Mme Saint-Pierre le 14 juillet 2003.]
Introduction
La redistribution des activités économiques entre les branches industrielles et les branches tertiaires de même que certaines transformations technologiques et organisationnelles observées dans les entreprises industrielles, depuis le milieu des années 1980 notamment, font l'objet de nombreuses études de la part d'économistes et de sociologues du travail qui s'interrogent sur les mutations des sociétés industrielles capitalistes et des rapports sociaux de production qui les traversent. Au cur de ces mutations, les acteurs sociaux voient leurs rôles se modifier. C'est le cas de certaines couches sociales désignées par le terme de «cols blancs» et qui, souvent ignorées dans les problématiques de la sociologie du travail et de la sociologie industrielle, négligées dans les analyses des classes sociales, prennent maintenant un relief sociologique nouveau. Les contourner n'est plus possible si l'on veut saisir un volet important de la nouvelle dynamique économique et sociale en formation. L'importance des travaux menés depuis une dizaine d'années sur la question de la tertiarisation et de la post-industrialisation de la société en témoigne.
Dans un premier temps, nous tenterons de faire état de quelques propositions qui nous paraissent intéressantes pour désigner certains traits de la société en mutation et ainsi mieux situer l'orientation théorique du questionnement qui fait l'objet du présent article. Le renouvellement du débat sur la société post-industrielle trouve son point de départ, quant à nous, dans certaines propositions formulées par l'école française de la régulation dans le cadre de son diagnostic de crise du fordisme.
La recherche d'éléments pouvant constituer les fondements du nouveau paradigme de la forme sociétale en émergence nous conduira dans le deuxième temps de notre argumentation à reconnaître aux «activités non-industrielles de production de services» une place prépondérante dans la structuration de ce nouveau paradigme. S'impose donc un travail de clarification de ce que désignent ces activités se situant au cur de la restructuration économique. Pour ce faire, nous accorderons une attention toute particulière au concept de «rapports sociaux de service» développé par Jean Gadrey et à la typologie des services proposée par T. P. Hill.
Dans le troisième moment de notre analyse, les technologies informatiques de type MRP2 et CIM, qui sont en développement et en usage croissant dans les entreprises industrielles, nous intéresseront tout particulièrement en ce qu'elles permettent l'intégration des activités de production directe et des activités situées en amont et en aval de la production, modifiant ainsi la division sociale du travail. L'usage de ces technologies requiert de nouvelles méthodes de gestion de la part des entreprises faisant appel à des formes organisationnelles plus ouvertes entre les services administratifs et les ateliers de production et à de nouvelles compétences dites de responsabilisation.
Le mouvement de transformation des entreprises qui nous intéresse dans le cadre de cette discussion est celui qui concourt à une intégration technico-organisationnelle non seulement des activités de gestion et de production, mais aussi des diverses catégories du personnel qui les exercent (cadres intermédiaires, contremaîtres, techniciens, employés de la fabrication et des bureaux).
Finalement, ces problématiques devraient nous permettre de jeter un nouvel éclairage sur les cols blancs, figure sociale dominante du travail improductif dans le paradigme fordiste. Nous voulons montrer que ces couches sociales connaissent un déplacement significatif dans les rapports sociaux de production, notamment dans le contexte des économies industrielles en restructuration et à la recherche de nouveaux espaces de valorisation du capital. Nous examinerons les répercussions de ce déplacement sur l'émergence possible d'une nouvelle figure sociale comme acteur majeur de cette société en bouleversement.
Chacun de ces éléments est ici abordé comme facteur potentiel et constitutif d'un nouveau paradigme analytique permettant de mieux saisir certaines des mutations qui traversent les rapports sociaux au sein de l'entreprise et de la société globale. Ils font ici l'objet d'une argumentation de type programmatique et ne constituent pas les frontières de l'espace conceptuel à construire.
Dernière mise à jour de cette page le samedi 3 février 200713:12
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
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