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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Jean-Jacques Simard, La longue marche des technocrates” article (1977)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Jean-Jacques Simard [sociologue, département de sociologie, Université Laval], La longue marche des technocrates. Un article publié dans la revue Recherches sociographiques, vol. 18, no 1, janvier-avril 1977, pp. 93-132. Québec: Les Presses de l'Université Laval.

Introduction

Où il est dit que : 

  • St-Simon avait déjà posé les dogmes des deux grandes religions de la société industrielle : le socialisme et la technocratie. 

  • Un livre récent portant sur le Québec d'après-guerre dépeint la Révolution tranquille comme le passage de l'âge théologique à celui de la pensée positive.

  • D'après l'auteur, la Révolution tranquille porte l'ascension d'une bourgeoisie technocratique alliée à une bourgeoisie d'affaires afin de gagner la maîtrise de l'État ; vise à ériger en ce pays un modèle de société fonctionnelle et techniquement parfaite, conforme aux impératifs du capitalisme avancé ; laisse dans sa traînée les cathédrales bureaucratiques et les fétiches d'une nouvelle religion de la puissance légitime ; aboutit à une confrontation entre affairistes et étatistes, entre l'idéologie libéraliste et l'idéologie cybernétiste. 

  • Réconcilié avec la société industrielle, le Québec voit naître en son sein l'utopie socialiste et rejoint les prophéties de St-Simon. 

Les sciences sociales sortent des contractions et bousculades subies par l'Occident chrétien au petit jour de l'industrialisation, et résonnent du dialogue que nos sociétés poursuivent avec leur propre histoire depuis deux siècles. Alors que la religion aura été, selon le mot de Durkheim, « la science des sociétés sans science », les sciences sociales voudront d'abord se constituer en religions des sociétés sans religion. C'est que, soudain, tout change et le monde se construit, tandis que les révolutions bourgeoises - française et américaine - ont arraché des enveloppements de ces pouvoirs tombés d'en haut la puissance créatrice de la « société civile ». Coupable de responsabilité, l'homme découvre qu'il a toujours créé Dieu à son image. Comprendre la société pour la prendre à-bras-le-corps, lire l'histoire pour lui donner un sens : tel sera le projet des sciences sociales, comme idéologies du dépassement.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 21 février 2006 18:08
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 



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