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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Relations internationales pour les managers. L’apport français des années 1990. (2014)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Bernard Sionneau, Relations internationales pour les managers. L’apport français des années 1990. Sous-titre: dans les années 1990, Internationalistes, Géographes et Economistes "atypiques" français ont fourni des clés indispensables à la lecture de notre monde et de ses fractures. Chicoutimi, Québec: Les Classiques des sciences sociales, 2014, 187 pp. Première édition. Texte inédit. [Autorisation formelle de l'auteur accordée le 25 mai 2014 de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales en libre accès à tous.]

Avant-propos

En ce début de troisième millénaire, les enseignements classiques dispensés en Économie, Gestion ou Finance, n’intègrent toujours pas, dans leurs cursus, de préparation à la lecture d’un environnement international non réductible aux seules dimensions du marché. Or, dans la réalité opérationnelle, logiques [1] politiques, techniques, idéologiques et sociales interfèrent en permanence avec des logiques économiques et financières à différents rythmes et niveaux de l’espace, contribuant à façonner une scène internationale qui ne se laisse pas facilement appréhender ni pratiquer. Organisant la mondialisation, ces logiques, dont l’origine et les effets sont toujours localisées territorialement, rendent ainsi indispensables des analyses de contextes opératoires qui vont au-delà de la recherche d’informations fiables sur la croissance des PIB, l’état de la balance des paiements courants des pays, la situation réelle de leur dette (interne et externe), leurs avantages comparatifs, ou leur système de fixation des prix. Ces analyses incitent à dépasser le caractère réducteur de la simple prise en considération de théories ou d’indicateurs macro ou micro-économiques et financiers, pour rentrer dans la complexité de l'évaluation des opportunités et des risques de nature diverse associés aux opérations de développement international.

C'est donc pour atteindre cet objectif et compléter, par là même, la formation des futurs ou actuels managers – trop souvent nourris de macro ou de micro-économie, de théories ou de techniques financières, mais sevrés de Relations Internationales – que cet e.book a été fait. Comme le lecteur le découvrira, il fait la part belle au courant de la Sociologie des Relations Internationales, porté en France par l’œuvre de M. Merle dans les années 1970 [2] et qui n'a pas pris une ride. Nous l'opposerons à la somme théorique d'un R. Aron qui a moins bien vieilli [3] et présenterons également les travaux de nombreux auteurs français : économistes atypiques (car attachés à l'étude des réalités contemporaines [4]), géographes, sociologues, ou spécialistes des relations internationales, dont les écrits ont marqué la production scientifique des années 1990. Réalisés dans le courant de cette décennie particulièrement productive en France, les travaux de B. Badie et M.C Smouts [5], ceux de Z. Laïdi [6], de P. Moreau-Defarges [7], de M. Beaud [8], d’O. Dollfus [9], de M. F. Durand, J. Lévy et D. Retaillé [10] et ceux de F. Chesnais [11], partagent deux points communs : tout d’abord, celui de se féconder mutuellement ; la plupart des auteurs, malgré parfois une appartenance à des disciplines différentes, font référence à leurs travaux respectifs qui se complètent ; ensuite, celui d’avoir fourni, déjà à cette époque, un nombre significatif de clés d’analyse qui nous paraissent essentielles, non seulement pour faire évoluer la formation à la lecture de notre "monde mondialisé", mais aussi pour en évaluer, tant les opportunités, que les risques opérationnels et sociétaux induits.



[1] Par "logiques", nous entendons ici les "logiques d’action" désignant "les ambitions, modes de relations et d’interventions types associés aux individus engagés dans différents registres et situations de l’action internationale par l’intermédiaire d’organisations qui leur en donnent la possibilité", in B. Sionneau, Risque-Pays et Prospective Internationale : Théorie et application à la République Socialiste du Viêt Nam, Thèse de Doctorat du Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM), spécialité : Prospective et Stratégique des Organisations, 2000, p. 139. LIEN. Le propos de sociologues français impliqués dans la mise en valeur des « logiques d’action » dans de nouvelles approches des organisations est à l'origine de ce choix. Cf. Dubet F., Sociologie de l’expérience, Paris : Seuil, 1994 ; Amblard H., Bernoux P., Herreros G., Livian Y.F., Les nouvelles approches sociologiques des organisations, Paris : Seuil, 1996 ; Lallement M., « A la recherche des logiques d’action », Sciences Humaines n°66, Novembre 1996, p.23-27. Boltanski L., Thévenot L., De la justification, Paris : Essais/Gallimard, 1991.

[2] Merle M., Sociologie des relations internationales, Dalloz, 4ème édition, Paris, 1988 (1ère édition, 1974) ; Merle M., Les acteurs dans les relations internationales, Economica, Paris, 1986 ; Merle M., Forces et Enjeux des relations internationales, Paris : Economica, 2ème ed., 1985 ; Merle M., « L’international sans territoire ? » in Badie B. et Smouts M.C., « L’International sans Territoire », Cultures & Conflits, Paris : L’Harmattan, septembre 1996.

[3] Aron R., Paix et guerre entre les nations, Paris : Calmann-Lévy, 8ème édition, 1984 (1ère édition, 1962).

[4] M. Beaud et G. Dostaller écrivait : dans le domaine de la science économique, "[…] Les quarante dernières années ont été marquées par une prolifération démesurée de travaux théoriques formalisés sur les marchés, les équilibres, les choix et les stratégies. L'étude des réalités économiques contemporaines est désormais considérée comme une activité de deuxième rang, rattachée à la précédente par quelques passerelles", in La Pensée Economique Depuis Keynes, Paris : Seuil, 1993, pp. 205-210.

[5] Badie B. et Smouts M.C, « L’International sans Territoire », Cultures & Conflits, L’Harmattan, septembre 1996 ; Badie B., Smouts M.C., Le retournement du monde, Paris : Presses de la FNSP, Dalloz, p.1992.

[6] Laïdi Z., « Sens et puissance dans le système international », in Laïdi Z. (sous la direction de), L’ordre mondial relâché,  Paris : Presses de la Fondation Nationale des Sciences Politiques,  2ème édition, 1993 ; Laïdi Z.,Un  monde privé de sens, Paris : Fayard, 1994 ; Laïdi Z., « Après les guerres, la mêlée généralisée », Le Monde Diplomatique, Janvier 1996, p.20.

[7] Moreau-Defarges P., La Mondialisation : Vers la fin des frontières ?, Paris : Dunod, 1993 ; Moreau-Defarges P., L’ordre mondial, Paris : A. Colin, Paris, 1998 ;  Moreau-Defarges P., La Mondialisation : Vers la fin des frontières ?, Paris : Dunod, 1993.

[8] Beaud M., « À partir de l’économie mondiale : esquisse d’une analyse du système-monde », in Bidet J. et Texier J.. (sous la direction de), Le nouveau système du  monde, Paris : Presses Universitaires de France, 1994 ; Beaud M., Le basculement du monde, Paris :  La Découverte, 1997.

[9] Dollfus O., « Le monde est un chaos qui se déchiffre », Affiches de la géographie,  « La géographie - situer, évaluer, modéliser ». Grands colloques de prospective, Ministère de la Recherche et de la Technologie, Novembre 1990 ; Dollfus O., L’Espace Monde, Paris : Economica, 1994 ; Dollfus O., La nouvelle carte du monde, Paris : Presses Universitaires de France, 1995.

[10] Durand M.F., Levy J., Retaillé D., Le monde : espaces et systèmes, Paris : Presses de la FNSP, Dalloz, 1992. Pour un complément d’analyse, on lira également, Retaillé D., « L’impératif territorial », in Badie B. et Smouts M.C., « L’International sans territoire »,  Cultures et Conflits n°21-22, Printemps/Eté 1996, p.21-40 ; Levy J., « Espaces-monde, mode d’emploi », in Bidet J. et Texier J., (sous la direction de), Le nouveau système du monde, Paris : Presses Universitaires de France, 1994.

[11] Chesnais F., La mondialisation du capital, Paris : Syros, 2ème édition augmentée, 1997.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 27 mai 2014 12:27
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 



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