Références
bibliographiques
avec le catalogue
En plein texte
avec GoogleRecherche avancée
Tous les ouvrages
numérisés de cette
bibliothèque sont
disponibles en trois
formats de fichiers :
Word (.doc),
PDF et RTF
Pour une liste
complète des auteurs
de la bibliothèque,
en fichier Excel,
cliquer ici.
Collection « Les sciences sociales contemporaines »
Lapport des théories institutionnalistes au renouvellement
de lapproche déconomie politique (2002) Introduction
Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Mme Diane-Gabrielle Tremblay, Lapport des théories institutionnalistes au renouvellement de lapproche déconomie politique. Un article publié dans la revue Interventions économiques, no 28 - Janvier 2002. [Autorisation accordée par l'auteure le 11 août 2004 de diffuser cet article et plusieurs autres].
Introduction
Le présent texte sinscrit dans la perspective dun renouvellement des approches théoriques en économie politique, et plus particulièrement en réponse à un appel du comité de rédaction de la revue Interventions économiques, qui souhaite lancer un débat sur les positions des chercheurs et intervenants en matière déconomie à lheure actuelle.
En ce qui concerne l'apport des théories institutionnalistes, je me concentrerai surtout ici sur l'économie du travail et de l'emploi, puisque le champ de la science économique est très vaste et quil serait très long de définir lensemble des apports des institutionnalistes aux divers champs de la pensée économique. Le champ économique est effectivement très vaste, de sorte que je ne pourrais de toute manière le couvrir entièrement en une vingtaine de pages. Il convient de faire état d'une autre limite associée à l'analyse qui sera présentée ici, à savoir le fait que les écrits institutionnalistes sont nombreux en économie et que nos choix dauteurs et de découpages sont nécessairement, dans une certaine mesure, arbitraires; en effet, bien quils soient à nos yeux les principaux, certains pourraient considérer que dautres auteurs auraient pu, ou dû, figurer en meilleure place. (1)
Pour ce qui est de lintérêt des thèses institutionnalistes pour le renouvellement du discours déconomie politique au Québec, il faut souligner le fait que celui-ci sintéresse à ce que les institutionnalistes appelleraient les problèmes du réel (travail, emploi, développement économique...) par opposition à la seule théorie pure, moins intégrée à vie courante et permettant moins d'intervenir sur les problèmes économiques et sociaux. Cela ne signifie pas que les économistes institutionnalistes ou ceux qui soutiennent les thèses déconomie politique ne s'intéressent pas à la théorie, au contraire; c'est plutôt qu'ils s'intéressent davantage à l'articulation théorie-réel, à la validation des théories, à leur pouvoir explicatif, ainsi qu'au désir de trouver des solutions aux problèmes du réel, ce qui les rapproche de la tradition institutionnaliste en science économique.
En effet, cet intérêt pour le réel et la solution des problèmes n'est pas propre aux économistes se situant aujourdhui dans le champ de léconomie politique (ceux liés à lAssociation déconomie politique par exemple), ou encore de la socio-économie (dans la Society for the Advancement of Socio-economics notamment), puisque c'est là la tradition dans le champ de l'«économie institutionnaliste», ainsi qu'au sein de l'école d'économie du travail institutionnaliste. Il faut toutefois noter que cette école institutionnaliste, même si elle représente une certaine tradition en science économique, nen constitue pas moins une minorité chez les économistes; il est difficile de l'évaluer précisément, mais certains l'ont estimé à entre 10% à 20% selon que l'on retient une définition étroite ou large, et selon que l'on inclut les étudiants ou non...
On peut donc conclure que l'analyse institutionnaliste en économie n'est pas une perspective dominante. On peut par ailleurs noter que plusieurs économistes, dont je suis, ont tendance à se rattacher au courant théorique institutionnaliste, sans nécessairement que cela ne soit toujours évoqué dans nos publications portant sur des sujets spécifiques en économie du travail.
Une dernière mise en garde s'impose: c'est que nous nous concentrons ici sur la société québécoise, mais qu'étant donné le nombre limité d'économistes institutionnalistes au Québec, certains d'entre nous ont développé des liens de recherche et d'échanges avec des associations déconomistes ou de socio-économistes américains et français en particulier. Ainsi, même si nous ne pouvons en traiter explicitement ici, faute despace, c'est là une source d'inspiration non négligeable pour certains travaux sinscrivant dans le courant de léconomie politique au Québec.
Pour commencer ce texte sur la vision institutionnaliste de léconomie, je propose dinterroger dabord lattitude actuelle des économistes, en particulier celle de ceux qui soutiennent la vision dominante actuellement en science économique, ainsi que les thèses qui nous mènent à la révision du rôle - pour ne pas dire au retrait - de lÉtat, ce qui se traduit notamment par le développement de la précarité demploi, la hausse du chômage et lexclusion que nous constatons tous depuis quelques décennies.
Je commence donc par présenter ma vision des thèses dominantes en regard de la redéfinition du rôle de lÉtat et de lentreprise privée dans le contexte économique actuel, avant de présenter quelques aspects de la vision non orthodoxe, mais tout à fait pertinente à mes yeux, à savoir celle des économistes institutionnalistes, qui suscite nombre de questions par rapport à la vision dominante. Je crois quil est parfois utile de revoir certains de nos auteurs classiques, davoir recours à plusieurs écoles de pensée économique, surtout lorsquil sagit de chercher la solution à des problèmes denvergure comme la pauvreté, le chômage et la précarité demploi. Je ne prétends pas que les économistes institutionnalistes apportent toutes les réponses, mais je crois que les travaux effectués dans cette veine peuvent apporter un éclairage utile dans le contexte actuel. Ce sera donc lobjet de la première partie du texte que de résumer - peut-être de façon un peu caricaturale en raison du peu despace - la vision économique dominante, pour ensuite traiter plus longuement de lapport des économistes institutionnalistes, qui me paraissent pouvoir fonder un renouvellement des assises théoriques de léconomie politique et de la socio-économie au Québec. (2)
Notes :
(1) On trouvera dans ma thèse (Tremblay, 1989) et dans Tremblay 1997 des références complètes.
(2) Nous reprenons ici certains éléments dun texte publié dans louvrage LÉtat aux orties, sous la direction de Sylvie Paquerot; notre texte sintitulait : L'État minimaliste... ou peut-on laisser agir le marché ? Lapport des économistes institutionnalistes.
Dernière mise à jour de cette page le mardi 13 février 200711:10
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
La vie des Classiques des sciences sociales
dans Facebook.
×
À tous les utilisateurs et les utilisatrices des Classiques des sciences sociales,
Depuis nos débuts, en 1993, c'est grâce aux dons des particuliers et à quelques subventions publiques que nous avons pu mener à bien notre mission qui est de donner accès gratuitement à des documents scientifiques en sciences humaines et sociales de langue française.
Nous sollicitons votre aide durant tout le mois de décembre 2020 pour nous aider à poursuivre notre mission de démocratisation de l'accès aux savoirs. Nous remettons des reçus officiels de dons aux fins d'impôt pour tous les dons canadiens de 50 $ et plus.
Aidez-nous à assurer la pérennité de cette bibliothèque en libre accès!
Merci de nous soutenir en faisant un don aujourd'hui.
Jean-Marie Tremblay, fondateur des Classiques des sciences sociales