Tous les Québécois, de Rouyn-Noranda à Natashquan, pourront emprunter des livres en ligne à la GBQ, qui ouvrira en 2003. Texte accompagnant la photo «C’est un faux problème», répond Denis Boisvert, qui a amassé des boîtes et des boîtes de documentation en papier! sur le phénomène du livre électronique. Selon lui, ceux qui ont peur des bibliothèques virtuelles souffrent du même préjugé idéologique que celui qui avait cours à l’instauration des bibliothèques traditionnelles. «Tout le monde pensait qu’on allait tuer les éditeurs. Rien n’est plus faux. La réalité, c’est que les gens ont des moyens limités. Nous, on existe pour donner un accès démocratique à la culture. Nous ne sommes pas des compétiteurs mais des compléments essentiels.»
Bon nombre de bibliothèques virtuelles américaines ont d’ailleurs recours à un système, mis au point par la société NetLibrary, du Colorado, qui assure aux éditeurs une juste part des droits d’auteur qui leur reviennent.
«C’est comme si on achetait de vrais livres en papier», explique Joan Lombardo, de la bibliothèque de Toronto, elle aussi cliente de NetLibrary. «Les bouquins que nous “prêtons” ont une date d’expiration, après laquelle ils deviennent illisibles. Et si un abonné veut obtenir un ouvrage déjà “prêté” par Internet, un message lui dira: “Désolé, ce livre n’est pas disponible.”»
Pourquoi, dans ces conditions, les éditeurs francophones hésitent-ils à donner aux bibliothèques un accès numérique à leurs livres? «On est prêts à passer au numérique, mais on ne sent pas de demande de la part des lecteurs», explique le coloré Denis Vaugeois, président de l’Association nationale des éditeurs de livres (ANEL), qui regroupe une centaine d’éditeurs québécois.
Denis Vaugeois se dit en mode «observation». «On s’en fait raconter de toutes les couleurs sur le e-book [voir l’encadré]. Il y a beaucoup de fumisterie. Et la technologie change à une vitesse folle.»
D’ici peu, les bibliothèques publiques du Québec n’auront pourtant d’autre choix que de se mettre au diapason du reste de l’Amérique du Nord, croit Denis Boisvert: «Ça sera fait d’ici trois ans au maximum.»
Ceux qui ont peur des bibliothèques virtuelle souffrent d’un préjugé semblable à celui qui avait cours à l’instauration des bibliothèques traditionnelles, dit Denis Boisvert. « Tout le monde pensait q’on allait tuer les éditeurs. »
Et peut-être avant. Quand la Grande bibliothèque du Québec (GBQ) ouvrira ses portes, en 2003, tous les Québécois, de Rouyn-Noranda à Natashquan, pourront emprunter des livres en ligne à défaut de se rendre dans le nouvel établissement montréalais. Foi d’Alain Boucher, responsable des nouvelles technologies à la GBQ, qui a l’intention d’entamer sous peu des négociations avec les éditeurs québécois.
D’ici là, le livre électronique continuera sa percée dans les maisons d’enseignement. Depuis cet automne, des dizaines de milliers d’étudiants du réseau de l’Université du Québec ont accès, par le site Web de leur bibliothèque, aux grands classiques des sciences sociales numérisés par Jean-Marie Tremblay. Qu’ils peuvent télécharger et conserver sur leur ordinateur.
Les quelques dizaines d’étudiants de Tremblay, au cégep de Chicoutimi, en profitent aussi, bien sûr. «Ça transforme complètement ma façon d’enseigner!» dit-il. Plus besoin, par exemple, de déposer des livres en réserve à la bibliothèque. Aujourd’hui, grâce à sa collection virtuelle, tous ses élèves peuvent avoir accès en même temps à des documents dont il n’avait auparavant que quelques exemplaires. «Il n’y a plus de contraintes matérielles: je peux leur faire lire beaucoup plus de textes», dit Jean-Marie Tremblay, enthousiaste. Ses étudiants, eux, semblent aimer la formule... mais apprécient moins les heures d’études additionnelles qui l’accompagnent!
http://ww.educnet.education.fr/documentation/dossier/livrelec/default.htm
Dossier réalisé conjointement par le Ministère français de l'éducation nationale et celui de la
Recherche. «Il met l'accent sur le livre électronique en tant que support de lecture, mais traite aussi
plus largement du livre numérique en tant qu'oeuvre.»
L'Actualité, 1er novembre 2001, 64
Dernière mise à jour de cette page le samedi 27 octobre 200719:35
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
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