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Histoire du peuple anglais au XIXe siècle.
Tome III. Le milieu du siècle (1841-1852)
Avant-propos
Lorsque, le 21 août 1937, mon mari a été emporté par une courte maladie, il laissait inachevé le sixième volume de son Histoire du Peuple Anglais au XIXe siècle, qui devait traiter de la période 1841-1852. Dans ce volume, il travaillait à rejoindre les deux tomes de son Épilogue, parus en 1926 et en 1932, qui vont de 1895 à la Grande Guerre, et qui constituent la conclusion de l'œuvre : il avait tenu à les publier avant les autres, dans la crainte de ne pouvoir mener jusqu'au bout la tâche qu'il s'était assignée.
Ce sixième volume inachevé devait, d'après ses prévisions, paraître l'année suivante. Certains chapitres en étaient entièrement rédigés, tandis qu'étaient rassemblées et classées les notes qui auraient servi à la composition des autres.
Il parut évident à ses amis et à beaucoup de ses anciens élèves, qu'à défaut de 1' « Histoire » tout entière, telle qu'il l'avait conçue et qu'on ne pouvait songer à achever à sa place, ce volume au moins devait être offert le plus tôt possible au public, français et anglais. Mais la publication exigeait un travail considérable et difficile de révision, de mise en ordre et de rédaction. Son ami, M. Bouglé, tandis qu'il s'occupait lui-même, avec toute l'ardeur de son affection fraternelle, à publier des articles et des cours épars qu'avait écrits mon mari, sous le titre L'Ère des Tyrannies, ainsi qu'à préparer, avec le concours d'anciens élèves, la rédaction de ses leçons à l'École des Sciences Politiques sur L'Histoire du Socialisme, M. Bouglé fut d'accord avec moi pour confier cette mission délicate à M. Vaucher, qui avait travaillé déjà avec mon mari, que mon mari avait en vive affection, et que désignait sa haute compétence des choses anglaises. Il s'agissait, partout où Élie Halévy n'avait pas eu le temps d'exprimer lui-même sa pensée, de parvenir à la saisir exactement d'après le classement des notes et les indications du manuscrit, de la traduire fidèlement sans y mêler de pensée étrangère, et pourtant de la rendre pleinement intelligible et vivante pour le lecteur. C'était un travail à la fois modeste [vi] et périlleux, qui supposait autant de dévouement que de sympathie. Comment M. Vaucher s'en est acquitté, ce n'est pas à moi de le dire : les lecteurs en jugeront. Mais je suis heureuse de pouvoir exprimer ici, au nom de mon mari comme au mien propre, notre dette de profonde gratitude envers lui, comme envers tous ceux qui, avec une si touchante amitié, m'ont aidée à publier de l'œuvre d'Élie Halévy tout ce qui pouvait être sauvé.
Florence Halévy.
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